Internet : corrections en ligne

Le Journal des Arts

Le 8 septembre 2000 - 473 mots

Selon un rapport de Webmergers.com, comité de surveillance des fusions et des acquisitions sur Internet, l’année en cours a déjà vu le dépôt de bilan de 41 sociétés Internet, sans oublier les 30 autres vendues à perte. Pour l’instant, le secteur de l’art n’a pas eu à déplorer de fiascos retentissants, mais licenciements et départs démontrent l’actuelle « correction du marché ».

NEW YORK (de notre correspondante) - Ancien conservateur au Metropolitan Museum et éditeur du défunt magazine Connoisseur, Thomas Hoving a quitté le portail artnet.com, quelques semaines après avoir été nommé directeur de la rédaction du site. Depuis 1996, il écrivait fréquemment pour le magazine en ligne d’Artnet et siégeait au conseil d’administration de la société. Les raisons de son départ restent obscures. Depuis son introduction sur le marché allemand en 1999, Artnet, l’un des plus grands portails destinés aux arts, a vu le cours de son action baisser. Le site regroupe pourtant ce qui apparaît comme la plus vaste sélection de galeries d’art jamais proposée par une société en ligne, et n’a cessé d’investir et d’élargir sa gamme de services. Comme le remarquait l’un des employés : “Si Artnet fonce vers un mur, c’est à pleins gaz.”

MuseumNetwork.com
Consacré à la vente de produits dérivés, et aux services destinés aux professionnels des musées, MuseumNetwork.com a licencié au début du mois d’août, les deux tiers de ses soixante employés et la moitié de ses effectifs à mi-temps (40 personnes). La société prévoit également de réexaminer sa stratégie commerciale. Lancé en début d’année, le site comprend également une immense base de données de musées, constamment remise à jour. Selon Richard Price, directeur général, il “marche très bien”, mais personne ne s’attendait à ce qu’il soit bénéficiaire avant 2002. Il fallait donc des capitaux pour financer les opérations de vente aux particuliers ; aspect le plus lucratif, mais aussi le plus coûteux du site. “Au printemps encore, nous essayions de réunir 40 millions de dollars pour financer nos activités commerciales sur Internet. Nous disposions de 50 millions de dollars lorsque le marché a surchauffé en avril. Les investisseurs ont décidé qu’il serait préférable d’attendre.” L’un de ces investisseurs n’était autre qu’Europ@web, la société de placement sur Internet de Bernard Arnault, président de Louis Vuitton Moët Hennessy (LVMH). Le milliardaire a réalisé plusieurs investissements rapides et prometteurs en rachetant des sociétés impliquées dans le commerce de l’art, dont la plus récente est le magazine Art and Auction.

Aujourd’hui, MuseumNetwork se consacre à la commercialisation de ses bases de données sur les musées auprès d’éditeurs, d’établissements d’enseignements, de compagnies de téléphones sans fil, et d’agendas électroniques. Richard Price est convaincu que l’échec de leur appel de capitaux pourrait bien être “une bénédiction déguisée”. “Je crois vraiment en ce que nous faisons en ce moment. J’estime que dans six mois, nous ne serons pas seulement autosuffisants mais rentables.”

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°110 du 8 septembre 2000, avec le titre suivant : Internet : corrections en ligne

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