Relance

Il faut que ça brille !

Par Daphné Bétard · Le Journal des Arts

Le 17 mars 2009

Du Louvre à la BNF, de Versailles à Fontainebleau, le ministère du plan de relance s’appuie sur la culture.

PARIS - « Nous avons le devoir de montrer que l’État réagit face à la crise, comme on se mobilise face à la guerre. » C’est en ces termes que Patrick Devedjian, ministre chargé de la mise en œuvre du plan de relance, a évoqué, lundi 16 mars, les 100 millions d’euros « débloqués » par l’État pour son volet culture. Cette somme est destinée à lancer, ou poursuivre, près de 255 opérations en France, portant essentiellement sur des chantiers de restauration de monuments historiques. Dans ce cadre et conjointement avec son homologue de la Culture, Christine Albanel, le ministre de la relance signait ce jour trois conventions de financement avec les présidents respectifs de la Bibliothèque nationale de France (BNF), du Musée du Louvre et du château de Versailles.

Le quadrilatère Richelieu de la BNF doit ainsi bénéficier d’un million d’euros pour la mise en sécurité du site, avant que les travaux de rénovation à proprement parler puissent démarrer, en 2010. La BNF reçoit également 450 000 euros afin de restaurer les planchers du château de Sablé-sur-Sarthe (non loin du Mans), où se trouve son centre de conservation baptisé « Joël-Le Theule ». Le Louvre hérite, quant à lui, de 2 millions d’euros destinés à participer au financement du nettoyage de ses façades (un chantier dont le montant total s’élève à 11,5 millions d’euros) ; au remontage de trois arcades des Tuileries – vestiges conservés actuellement dans la réserve lapidaire du jardin des Tuileries –, et à une opération de stabilisation des sols du jardin des Tuileries. Encore mieux loti, le château de Versailles se voit attribuer 3 millions d’euros (l’équivalent de l’enveloppe allouée à la région Aquitaine) pour poursuivre la rénovation du Grand Commun, un espace qui doit accueillir à terme les services scientifiques, administratifs et techniques de l’établissement, ainsi qu’un centre de recherche, une bibliothèque, des archives, ateliers et réserves. Sur les traces de Versailles, le château de Fontainebleau, qui s’apprête à prendre le statut d’établissement public, a perçu 2,3 millions d’euros (pour la restauration de sa cour, l’installation du réseau technique et la mise aux normes du système de sécurité). Une opération qui a fait l’objet d’un déplacement et d’une communication similaire de la part de Patrick Devedjian en février.

Crise ou pas, le renforcement des dispositifs anti-incendie du site Richelieu de la BNF, lequel renferme des trésors inestimables du patrimoine, ne pouvait attendre plus longtemps. Mais, comme l’a souligné Patrick Devedjian, il s’agit aussi de communiquer contre « l’aspect psychologique de la crise », autrement dit, faire en sorte que les efforts de l’État soient « visibles ». Le label « La relance » sera d’ailleurs apposé sur tous les chantiers concernés ; des chantiers le plus souvent urgents qui nécessitaient que l’État assume ses responsabilités. Christine Albanel a rappelé que le secteur de la Culture générait 500 000 emplois et 21 milliards d’euros de retombées économiques. Une idée sur laquelle Patrick Devedjian a rebondi en se félicitant des effets du plan de relance qui permettrait de « créer des emplois » dans le domaine de la culture : le terme « sauvegarder » aurait été plus juste. Mais que ne ferait-on pas pour que « l’opinion voit que la crise n’est pas une fatalité »…

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°299 du 20 mars 2009, avec le titre suivant : Il faut que ça brille !

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