Mercredi 17 octobre 2018

Art et communication

Henri, à table !

Le Journal des Arts

Le 27 avril 2001 - 509 mots

À travers la peinture, Maître Coq invite deux personnages légendaires de l’histoire de France à voyager dans le temps pour découvrir les plaisirs culinaires d’aujourd’hui.

Initialement, la réflexion de l’agence 154, responsable de la communication de Maître Coq, fut de transporter nos ancêtres en l’an 2001 et d’imaginer comment ils ont évolué et se sont adaptés à nos us et coutumes. En effet, cette société, qui commercialise de la volaille prête à consommer (et/ou à cuire), se positionne comme Maître Volailler anti-fast-food malgré la praticité de ses produits. Elle entend conserver la tradition du goût français lié à la modernité de sa gamme.

Reste à choisir des personnages historiques emblématiques, présents à l’esprit de tous les Français et porteurs d’un certain mythe. Mieux encore si ces derniers ont une quelconque affinité avec la bonne chair. Chacun se souvient de la fameuse poule au pot d’Henri IV et de ces guerriers gaulois qui faisaient allègrement ripaille de quelques sangliers... Les protagonistes sont trouvés : Henri IV et Vercingétorix seront les porte-parole de la nouvelle cuisine vue par Maître Coq grâce à deux spots télévisés de quinze secondes. Or, les seules représentations existantes de ces têtes couronnées sont des œuvres peintes. Henri IV et Vercingétorix s’exprimeront donc à travers leur tableau. La rencontre des siècles se fait dans un décor élyséen dans lequel le portrait de ces gracieuses majestés est posé sur un fauteuil devant un bureau où des micros sont prêts à recueillir leur allocution officielle. Ils s’adressent solennellement aux Français pour leur faire part de leur trouvaille, car nos ancêtres, en découvrant le monde moderne, s’aperçoivent que les volailles de Maître Coq ont avantageusement remplacé la poule au pot et le sanglier. L’image fixe de la toile s’anime, devient vivante et se “réactualise”. Ainsi, le bon roi Henri se métamorphose en Blues Brother, lunettes et cravate noires, tandis que l’intrépide Gaulois se retrouve coiffé d’un bob, grand sportif à l’Alesia athletic club. Cette transformation visuelle a été rendue possible grâce à la superposition d’images de deux tableaux spécialement peints pour la circonstance. Le premier situe les comparses dans leur époque tels qu’ils sont généralement représentés, le second les montre de nos jours. L’artiste polonais Andzej Maliowski a travaillé “à la manière de”, et, sans chercher à obtenir des reproductions fidèles, s’est inspiré de la mémoire collective pour en donner une juste interprétation et rester accessible à tout un chacun. De réels acteurs animent les bouches qui s’imbriquent dans l’image et, anecdote amusante, il s’avère que les voix retenues lors du casting appartiennent à des hommes ayant une ressemblance physique avec les personnages historiques. La nature fait parfois bien les choses !

Le côté pompeux du discours est contrebalancé par un clin d’œil léger à ces rois, qui perdent de leur sérénité pour devenir souriants et bons enfants. La musique suit le mouvement, elle évolue et se modernise au fur et à mesure de la mutation.

- Agence : 154/Directeur artistique : Jean-Claude Cally/Réalisateur : Gilles Soulier/Production : Carnet de Boards/ Musique : Sylvie Arditi (Nova Productions)/Peintre : Andzej Maliowski.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°126 du 27 avril 2001, avec le titre suivant : Henri, à table !

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