Mercredi 12 décembre 2018

Globalisation

France Muséums sur les rails

Par Sophie Flouquet · Le Journal des Arts

Le 30 juillet 2007 - 427 mots

Les statuts de l’Agence internationale des musées de France ont été déposés. Marc Ladreit de Lacharrière, président-directeur général de Fimalac, devient le président de son conseil d’administration.

 PARIS - L’affaire aura été rondement menée. Quelques jours avant le second tour de l’élection présidentielle, Renaud Donnedieu de Vabres a réussi à aller jusqu’au bout de son pari : mettre sur pied en un temps record l’« Agence internationale des musées de France », bras armé de la création du Musée du Louvre à Abou Dhabi (Émirats arabes unis). Le 3 mai a été officiellement nommée l’équipe dirigeante de « France Muséums ». Marc Ladreit de Lacharrière, président-directeur général de Fimalac, prend la présidence de son conseil d’administration. Patron d’une société de services financiers créée en 1991, ce dernier n’est pas un nouveau venu dans le milieu des musées et encore moins au Louvre, où il appartient au club très fermé des « grands mécènes ». Marc de Lacharrière siège par ailleurs au Conseil artistique des musées nationaux et possède la Revue des Deux Mondes, qui lui permet d’animer le cercle éponyme, l’un des plus influents de la capitale parmi l’intelligentsia économique et culturelle. Sans surprise, la présidence du conseil scientifique a été confiée à Henri Loyrette, président-directeur du Musée du Louvre et zélateur du projet d’Abou Dhabi. La direction générale sera assurée par Jean d’Haussonville, négociateur du contrat pour le compte du ministre. Conservateur au Musée d’Orsay, Laurence des Cars prendra pour sa part la responsabilité scientifique de l’agence.

À marche forcée
L’équipe de France Muséums devrait comprendre une vingtaine de personnes. Son immatriculation juridique interviendra dans les prochains jours. Filiale commune de plusieurs établissements culturels (musées du Louvre, d’Orsay, Guimet, Rodin, du quai Branly, Réunion des musées nationaux, École du Louvre, Bibliothèque nationale de France, domaine national de Chambord, Musée et domaine national de Versailles, Établissement public de maîtrise d’ouvrage des travaux culturels de l’État), parmi lesquels certains ont été associés à marche forcée, celle-ci prend la forme d’une société par actions simplifiées, dont le capital s’élève pour l’heure à 315 000 euros. Une clause spécifique prévoit toutefois que la cession des parts devra se faire avec l’accord de l’État. La majorité des établissements ont versé un droit d’entrée de 20 000 euros, celui-ci s’élevant à 115 000 euros pour le Louvre, principal bénéficiaire de l’opération. Le musée détient ainsi le tiers des voix au conseil d’administration et donc une minorité de blocage pour toute décision extraordinaire. « Ce statut offrait trois avantages, commente Jean d’Haussonville : souplesse de la gestion privée, possibilité d’en faire une filiale commune aux musées, et surtout facilité de dissolution quand l’État estimera que sa mission sera accomplie ».

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°259 du 11 mai 2007, avec le titre suivant : France Muséums sur les rails

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