Dimanche 16 décembre 2018

Coupes budgétaires

Fin de partie pour l’Institut néerlandais

Le Journal des Arts

Le 9 avril 2013 - 480 mots

Faute de subventions publiques, l’Institut néerlandais à Paris fermera ses portes à la fin de l’année, conséquence des restrictions budgétaires mises en œuvre aux Pays-Bas.

PARIS - C’est par un communiqué publié à la mi-février que le couperet est tombé pour le personnel de l’Institut néerlandais : la suppression totale de leurs subventions en 2015 a été confirmée par le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas.

« En termes de visibilité culturelle, les Pays-Bas vont perdre une place de choix à Paris » : Harry Bos, délégué du personnel de l’Institut néerlandais, est consterné. Depuis l’été dernier, les salariés de l’Institut avaient activement défendu le maintien de son budget en organisant une pétition et en utilisant tous les recours administratifs à leur disposition ; cela n’a pas suffi : « Nos suggestions n’ont jamais été prises en compte », déplore Harry Bos.

Un petit service culturel
Cofondé en 1957 par la Fondation Custodia et le ministère des Affaires étrangères des Pays-Bas, l’Institut devra fermer ses portes à la fin de l’année 2013, la subvention actée pour l’année 2014 devant servir à payer les indemnités de licenciement de la trentaine de salariés y étant actuellement employés. Mais le flou demeure sur plusieurs points.

Dans son communiqué, le ministère affirme sa volonté de maintenir en France une « politique active et adaptée à la demande », politique qui « pourrait être menée par un petit service culturel d’ambassade travaillant de manière flexible avec des commissaires d’exposition et des experts ». Pour l’instant, personne ne sait si le service culturel de l’ambassade parisienne sera étoffé pour faire face à cette nouvelle mission. « Ils ont décidé de fermer l’Institut avant même de se pencher sur l’avenir de la culture, c’est quand même étrange ! », s’exclame Harry Bos, qui pointe « l’ignorance totale du ministère en matière de politique culturelle ». L’Institut a reçu en mars la visite du Conseil pour la culture (Raad voor Cultuur), organisation gouvernementale néerlandaise chargée par le ministère des Affaires étrangères de définir une nouvelle ligne pour les relations culturelles avec la France, durant le printemps.

À l’heure actuelle, l’ambassade est en pourparlers pour reprendre une partie des locaux loués par la Fondation Custodia à l’Institut sis rue de Lille, afin d’y installer son service culturel : un comble alors que le loyer élevé payé par l’Institut (500 000 euros annuels) a toujours été la pomme de discorde entre la Fondation Custodia et le ministère des Affaires étrangères.

À l’Institut, on s’apprête à fêter le couronnement du nouveau roi lors d’un grand week-end : projections, concerts, ateliers et rencontres sont prévues du 26 au 28 avril : « à notre manière, décalée, festive et détournée », s’amuse malgré tout Harry Bos. La programmation reste intacte, avec des expositions organisées jusqu’à la fin de l’année, grâce à des sponsors fidèles. Jusqu’en décembre, l’Institut néerlandais veut faire feu de tout bois

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°389 du 12 avril 2013, avec le titre suivant : Fin de partie pour l’Institut néerlandais

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