Vendredi 14 décembre 2018

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Faux en écriture

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 13 mai 2005 - 335 mots

Jacques Perrin a été mis en examen dans l’affaire Camille Burgi.

 PARIS - L’antiquaire Jacques Perrin a été mis en examen le 25 avril pour « faux et usage de faux » dans l’affaire du secrétaire de Camille Burgi. Ce dernier, grand antiquaire parisien, avait été obligé de retirer un secrétaire XVIIIe, sa plus grosse pièce de mobilier exposée au Pavillon des antiquaires du jardin des Tuileries en mars 2001, après le passage de la commission d’admission des objets (lire le JdA n° 181, 21 nov. 2003). Découvrant la signature de son confrère Jean-Marie Rossi sur le document signifiant le retrait de son meuble, alors même que ce dernier avait exposé cet important secrétaire quelques années auparavant dans sa propre galerie comme l’un de ses plus beaux meubles, Camille Burgi a demandé des explications à l’intéressé. Jean-Marie Rossi s’est aussitôt défendu d’avoir signé quoi que ce soit. Il s’est avéré qu’un autre l’avait fait pour lui. Ulcéré, Camille Burgi a porté plainte contre X avec constitution de partie civile. « Mon préjudice est très important, clame le marchand. Non seulement mon secrétaire a été discrédité à tort mais, par la suite, je n’ai plus du tout été jugé honnêtement sur ma marchandise. Quatre années de chiffre d’affaires désastreux ont suivi ! » L’enquête a déterminé que Jacques Perrin était l’auteur de l’inscription. L’affaire a été renvoyée devant le tribunal correctionnel. L’antiquaire est aujourd’hui accusé d’avoir « falsifié la fiche d’admission des objets du stand numéro 38 du Pavillon des Antiquaires, en imitant la signature de M. Jean-Marie Rossi, président de la commission des mobiliers et objets d’art XVIIIe et XIXe, et ce au préjudice de M. Burgi Camille. » « Dans un milieu où tout est fait pour écarter la concurrence, y compris l’utilisation de moyens illégaux, c’est un premier coup porté aux procédés occultes et non des moindres puisqu’il touche une figure de la place parisienne », commente Me Denis Giraud, l’avocat de Camille Burgi. Un procès est attendu pour la fin de l’année.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°215 du 13 mai 2005, avec le titre suivant : Faux en écriture

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