Espagne - Nomination

En Espagne, un nouveau ministre de la Culture catalan

Par Julie Goy, correspondante en Espagne · Le Journal des Arts

Le 19 décembre 2023 - 540 mots

MADRID / ESPAGNE

Ernest Urtasun s’est illustré ces dernières années en tant que député européen écologiste, défenseur du bien-être animal.

Ernest Urtasun. © La Moncloa - Gobierno de España
Ernest Urtasun.
© La Moncloa - Gobierno de España

Madrid. Succédant à Miquel Iceta, Ernest Urtasun (41 ans) est le nouveau ministre de la Culture espagnol, d’origine catalane, ce qui n’est pas neutre dans l’Espagne d’aujourd’hui. À l’âge de 15 ans, il adhère aux Jeunesses d’Esquarra Verda, une organisation écosocialiste catalane. Après avoir étudié au Lycée français de Barcelone, il obtient un diplôme en économie à l’Université autonome de Barcelone et un diplôme de troisième cycle en relations internationales. Puis il entame une carrière européenne en devenant porte-parole de l’Initiative pour la Catalogne-Verts (ICV) entre 2004 et 2014 et membre du bureau du Forum européen de la jeunesse, représentant l’organisation à la Conférence internationale sur le climat de Copenhague en 2009.

Après une brève carrière diplomatique commencée en 2010 au sein du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, il revient à la politique et devient, à partir de 2014, député européen dans le cadre des listes de La Izquierda Plural (gauche plurielle) puis de Catalogne en commun (fusion de quatre partis de gauche dont l’ICV), avant d’être finalement nommé vice-président du Groupe des Verts/Alliance libre européenne. À partir de mars 2016, il est porte-parole de l’ICV jusqu’à la dissolution du parti en 2019, devenant ensuite membre du Conseil national de Joves Esquerra Verda (fondé en 2021 par d’anciens membres d’ICV) et porte-parole de Sumar, la coalition des partis de gauche, dirigée par Yolanda Díaz.

Il est l’un des cinq ministres du Sumar à avoir été nommé au gouvernement de Pedro Sánchez (PSOE), lequel a été réélu pour un second mandat à la tête du gouvernement espagnol le 16 novembre dernier.

Ernest Urtasun aura à gérer plusieurs dossiers culturels ouverts sous le mandat de Miquel Iceta, tels que la révision du statut de l’artiste, la loi sur le cinéma, le Bonus culturel pour les jeunes (l’équivalent de notre Pass culture), un projet de loi sur les droits culturels qui doit garantir « l’accès de tous les peuples et de tous les territoires à la culture » ainsi que la création d’un « bureau des droits de propriété intellectuelle », qui a été laissé en jachère durant les élections et dont la mission consiste à relever « les défis de l’intelligence artificielle avec la défense des droits des créateurs ».

Le nouveau ministre de la Culture devra aussi gérer le délicat dossier de la tauromachie, qui relève de son ministère. Il avait déclaré au Parlement européen en 2016 que « la torture animale ne peut pas être considérée comme une culture ». Marta Esteban, représentante du collectif « La torture n’est pas une culture », a rappelé dans une déclaration à l’agence Europa Presse qu’« il a toujours beaucoup aidé [les membres de cette plateforme] lorsqu’[ils ont] pris des mesures au sein de l’Union européenne contre les subventions […] qui parviennent aux élevages ».

Dès sa prise de fonctions, le 21 novembre dernier, Urtasun s’est penché sur le « Prado Extendido », programme destiné à améliorer la répartition des prêts à long terme d’œuvres du Musée du Prado sur le territoire, qu’il souhaite prolonger pour assurer « la cohésion territoriale et l’égalité des peuples à travers la protection et la promotion de notre patrimoine culturel », a-t-il affirmé lors d’une rencontre organisée par le musée le 28 novembre.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°623 du 15 décembre 2023, avec le titre suivant : En Espagne, un nouveau ministre de la Culture catalan

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