Mercredi 26 février 2020

Fondation

Ella Fontanals-Cisneros annule sa donation de 400 œuvres d’art à l’Espagne 

Par Jinane Dolbec · lejournaldesarts.fr

Le 11 février 2020 - 411 mots

MADRID / ESPAGNE

Un nouveau lieu devait être créé à Madrid pour accueillir la donation d’une partie de la collection de la mécène cubaine.

Ella Fontanals-Cisneros en mai 2015. © Photo Adalberto Roque / AFP
Ella Fontanals-Cisneros en mai 2015.
© Photo Adalberto Roque / AFP

La collectionneuse cubaine Ella Fontanals-Cisneros a révoqué le don de 400 œuvres à la ville de Madrid annoncé en 2018 avec le ministre de la Culture espagnol de l’époque, Íñigo Méndez de Vigo. Cette donation devait servir à la création d’un musée des Amériques (Museo de las Americas) dans une ancienne usine de tabac désaffectée, la Tabacalera, transformée en lieu culturel. 
 
Selon le journal espagnol El País, cette décision est dû à un désaccord avec le nouveau ministre de la Culture, José Guirao, concernant notamment la façon dont les œuvres seraient exposées. L’annonce de la révocation a été faite au domicile madrilène de la collectionneuse, une demeure luxueuse où elle passe une partie de l’année quand elle n’est pas au Mexique ou aux Etats-Unis.

Ella Fontanals-Cisneros a indiqué que les nouvelles exigences du gouvernement étaient inacceptables, l’une d’entre elles consistant à déterminer les œuvres qui composeraient la donation. Elle a également fait part de son désaccord avec la décision d’inclure des représentants politiques au conseil d’administration du musée. Enfin, elle a qualifié l’état de la Tabacalera de « désastreux » et a déclaré que le projet de rénovation aurait atteint un budget d’au moins 10 millions d’euros. « Ils n’ont jamais eu cet argent et n’ont jamais cherché de fonds pour l’obtenir », a-t-elle déploré.

Née à Cuba en 1944, Ella Fontanals-Cisneros a fui au Venezuela à l'âge de 16 ans pendant la révolution cubaine. Elle commence à collectionner après son mariage avec le milliardaire vénézuélien Oswaldo Cisneros.  Sa collection compte plus de 3 000 œuvres d’artistes sud-américains majeurs tels que Carmen Herrera et Horacio Coppola, et se concentre en partie autour de l’abstraction géométrique, de l’art vidéo contemporain et de la photographie moderne et contemporaine en l’Amérique latine. 

Sa fondation, établie dans le quartier artistique de Wynwood à Miami depuis 2002 et fermée en 2018, visait à promouvoir l’art sud-américain sur la scène internationale (ses œuvres ont voyagé dans de grandes institutions telles que la Tate de Londres), octroyait tous les ans des bourses aux artistes d’Amérique latine et organisait des expositions temporaires. 

La collectionneuse, qui considère l’Espagne comme un pont entre l’Amérique du sud et l’Europe, n’abandonne pas son projet et prévoit de rester à Madrid un mois de plus, jusqu’à la fin de la foire Arco, afin de chercher un financement auprès d’une entreprise privée. 
 

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