Dommages collatéraux

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 18 octobre 2007

L’amélioration de la FIAC s’est accompagnée, comme l’an dernier, de coupes sèches dans le régiment français. « Autrefois, une galerie française était garantie d’avoir une place sans faire de vraie proposition. Les choses ont changé et ne se font plus par abonnement ou tacite reconduction », observent Jennifer Flay et Martin Bethenod. S’il est vrai que certaines galeries jouent une partition éculée sans jamais se remettre en question, d’autres évictions font hausser les sourcils. Refusé cette année, Brice Fauché, de la galerie Sollertis (Toulouse), n’a pas mâché ses mots dans une lettre adressée au comité de sélection de la FIAC : « Je remarque comme tout le monde que les galeries qui ne sont pas parisiennes ont toujours été une portion congrue, une sorte de mal inévitable pour vous. Nous y lisons la lointaine condescendance, pour ne pas dire plus, qui nous est accordée… Enfin, je remarque que la Bretagne et le Sud sont des endroits maudits, pas tout à fait français, sauf quand on en a besoin, quand la situation va mal comme pendant les guerres (1914-1918) ou la crise des années 1990 ; il faut bien avoir ses indigènes. »
Certains ont été repêchés moyennant un réaiguillage de leur programmation, comme Patrice Trigano (Paris) qui propose un one-man-show de Jacques Villeglé, artiste représenté pourtant par un autre exposant de la foire, Georges-Philippe Vallois (Paris). D’autres ont dû se contenter de petits stands. « Le comité m’a proposé de grimper sur la mezzanine. Je trouvais ça encore plus humiliant, alors j’ai décliné poliment la proposition, mais je ne peux pas jouer leur jeu », indique Renos Xippas (Paris). En revanche, Anne Lahumière (Paris) a accepté un petit stand de 30 m2 sur le perchoir tout en précisant qu’il « est un peu malheureux qu’en tant que plus ancienne galerie – nous restons les seuls à y avoir exposé depuis le début et ceci sans interruption – avec un programme essentiellement d’artistes français, il faille autant d’énergie pour défendre cet art. Nous remercions ici notamment nos confrères Marcel Fleiss, Patrick Bongers et Nathalie Obadia qui nous ont beaucoup aidés dans cette démarche. » Certaines galeries historiques, pourvues de beaux stocks, regrettent d’être ainsi snobées au profit d’enseignes plus jeunes de second marché, dont la majorité des œuvres s’avèrent en consignation.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°266 du 5 octobre 2007, avec le titre suivant : Dommages collatéraux

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