Des fresques de Strozzi découvertes grâce à la justice

Le Journal des Arts

Le 17 novembre 2000

Une étude menée récemment sur les murs et plafonds de quelques pièces du palais Podestà-Bruzzo à Gênes, a confirmé la présence d’un cycle de fresques exécutées par Bernardo Strozzi. Cette découverte constitue une formidable clé de lecture dans la reconstitution de l’activité de l’artiste dont on connaissait le travail au palais Centurione à San Pier d’Arena (1623-1625) et au palais Branca-Doria à Gênes.

GÊNES - L’enquête a été conduite grâce à quelques documents publiés en 1981 : les actes judiciaires du procès opposant Luigi Centurione, marquis de Morsasco et Bernardo Strozzi (Gênes, 1581-Venise, 1644), dit le “Cappuccino Genovese” pour être entré dans l’ordre capucin en 1598. Ils laissaient supposer l’existence de fresques sous le badigeon des murs et des voûtes du palais Podestà-Bruzzo, situé rue Garibaldi, autrefois Via Nuova. Au début du XVIIIe siècle, l’édifice avait subi quelques transformations sous l’impulsion des propriétaires, Carlo et Stefano Pallavicini, qui avaient décidé d’agrandir la cage de l’escalier principal. Ils sacrifiaient ainsi une partie des pièces du piano Nobile dans lesquelles étaient dissimulées, sous des couches d’enduit, les fresques du maître. L’acte judiciaire s’est révélé fondamental pour les recherches : le 23 août 1623, Luigi Centurione commandait à Strozzi la décoration à fresques de trois chambres, deux petites pièces et des escaliers. Dix-huit mois plus tard, le 24 novembre 1625, date supposée de la fin de l’ouvrage, Strozzi n’avait achevé que les voûtes des trois chambres.

Le comte Matteo Bruzzo, actuel propriétaire, a donné son accord pour l’exécution d’un sondage. À la lumière de celui-ci sont apparus le bras et la main, empoignant une épée, d’un personnage féminin, qui pourrait être une allégorie de la Justice – très proche d’une ébauche de Strozzi, conservée au palais Rosso. Dans une autre pièce, la construction d’une voûte au cintrage de bois a permis la bonne conservation des fresques. Un décor à panneau central ainsi que de nombreuses figures y ont été mis au jour : un ange aux cheveux roux, une femme tenant une coupe, ainsi que des trompe-l’œil, réalisés, selon les archives, par un assistant de Strozzi, Giuseppe Catto. L’iconographie du cycle du palais Podestà-Bruzzo reste cependant encore inconnue à ce jour.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°115 du 17 novembre 2000, avec le titre suivant : Des fresques de Strozzi découvertes grâce à la justice

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