Dans les bras de l’oncle Sam

Le Journal des Arts

Le 30 juin 2000

Les musées n’échappent pas aux stratégies de regroupement. Après le site Internet commun de la Tate et du MoMA (lire le JdA n° 107 du 9 juin), un axe Est-Ouest se dessine avec la signature d’un partenariat entre le Musée de l’Ermitage et la Fondation Guggenheim.

SAINT-PÉTERSBOURG (de notre correspondant) - Peu de musées diffèrent autant que l’Ermitage et le Guggenheim. Quintessence du musée du XIXe siècle d’un côté, modèle de “management” de l’autre, les deux institutions ont pourtant conclu un accord visant à partager leurs trésors et leurs compétences. “Notre collaboration sera réussie grâce à notre complémentarité”, a d’ailleurs remarqué Mikhaïl Piotrovsky, directeur de l’Ermitage. Les premiers signes de ce partenariat, signé sur une base de cinq ans, interviendront après l’achèvement de la rénovation du bâtiment administratif du musée russe, adjacent au palais d’Hiver. La Fondation Guggenheim a dépêché une équipe de trois architectes pour étudier l’utilisation de 400 des 610 salles de l’aile à des fins culturelles et commerciales. Directeur de la Fondation, Thomas Krens s’est refusé à donner plus d’informations sur le rôle de son établissement dans ces travaux et leur financement, se contentant de signaler “que de nombreux mécènes ont déjà été contactés de façon positive”, et qu’une annonce plus précise sera faite dans les mois à venir. Commencés il y a deux ans, ces travaux, d’un coût total de 150 millions de dollars (environ un milliard de francs), permettront d’exposer, dans les 38 000 m2 dégagés, des œuvres d’après-guerre prêtées par le Guggenheim, mais aussi les fonds d’arts décoratifs, de peintures impressionnistes et postimpressionnistes de l’Ermitage. Les collections sont évidemment la monnaie d’échange de l’établissement russe, qui avait d’ailleurs déjà prévu d’utiliser Amsterdam et la Somerset House de Londres comme têtes de pont en Europe (lire le JdA n°93, 19 novembre 1999). Le nouveau Guggenheim new-yorkais dont la réalisation a été confiée à Frank Gehry (lire page 17) devrait être le principal bénéficiaire de prêts à longue durée, mais les antennes du Guggenheim à Venise, Bilbao et Berlin en profiteront aussi.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°108 du 30 juin 2000, avec le titre suivant : Dans les bras de l’oncle Sam

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