Jeudi 13 décembre 2018

France - Italie

Coûteuse tapisserie

Le Journal des Arts

Le 1 décembre 1994 - 336 mots

Une des deux tapisseries classées monuments historiques, volées à la Cour d’appel de Riom (Puy-de-Dôme) en 1975 puis localisées en Italie deux ans plus tard, ne sera vraisemblablement pas restituée à l’État français.

PARIS - En marge d’une procédure judiciaire qui dure depuis 1977, l’État français a entrepris il y a quelques mois des négociations avec les propriétaires italiens de bonne foi des deux tapisseries, tissées au XVIIe siècle à la Manufacture d’Amiens et représentant deux scènes de l’Odyssée. Afin de récupérer la première tapisserie, le ministère de la Culture a réglé une indemnité raisonnable aux ayants droit (voir JdA n°8, novembre). Cette tapisserie retournera à Riom, à condition que le ministère de la Justice, qui en avait la charge, rembourse intégralement le ministère de la Culture.

D’autre part, la restitution à la France de la seconde tapisserie pose problème, en raison du montant de l’indemnité réclamée par M. Pilone, son actuel détenteur. Ce collectionneur italien, qui a acheté la seconde tapisserie pour 10 millions de lires en 1977, demande 100 millions de lires (soit 335 000 francs) en échange de sa restitution. Ce montant comprend le remboursement du prix actualisé de la tapisserie et des frais de justice engagés pendant dix-sept ans.

La direction du Patrimoine, qui évalue la pièce de laine à 250 000 F, trouve l’indemnité "un peu surévaluée par rapport à (ses) estimations". Aussi, refusant la transaction, elle "laisse le ministère de la Justice faire son montage financier", avec le concours éventuel de la municipalité de Riom.

La balle est par conséquent dans le camp du ministère de la Justice, qui devra payer pour la Cour d’appel de Riom. S’il ne peut réunir la somme exigée par M. Pilone, ce qui est probable, la seconde tapisserie restera en Italie. À Riom cependant, on ne désespère pas de convaincre la partie adverse de la valeur hautement culturelle et affective de l’ensemble des deux tapisseries. Celles-ci se trouvaient en effet dans la juridiction locale depuis 1650, avant d’être dérobées par des individus jamais identifiés.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°9 du 1 décembre 1994, avec le titre suivant : Coûteuse tapisserie

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