Départ

Couac au CNAP

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 12 novembre 2007

Jean-Pierre Courcol démissionne du Centre national des arts plastiques.

PARIS - Depuis un an, Jean-Pierre Courcol fulminait contre les blocages de l’administration française. N’y tenant plus, l’ancien directeur général d’Havas Conseil a quitté le 22 octobre la présidence du Centre national des arts plastiques (CNAP), poste qu’il occupait depuis 2003. Il a été immédiatement remplacé par Anne-Marie Charbonneaux, désignée présidente par intérim.

Les raisons de cette démission sont doubles. Premier motif d’agacement, la réforme interne du CNAP qu’il avait préconisée l’an dernier n’a pas été appliquée. « J’avais proposé d’absorber dans les faits le FNAC [Fonds national d’art contemporain], mais j’ai eu une opposition frontale de sa directrice, Claude Allemand-Cosneau. J’ai aussi voulu négocier avec la délégation aux arts plastiques pour qu’on puisse assurer la promotion de l’art contemporain avec de vraies expositions », confie-t-il, en pointant le faible pouvoir juridique accordé au président du CNAP. Un observateur murmure que « certaines choses qu’il proposait étaient justes, d’autres non viables. On ne pouvait pas se permettre d’avoir une équipe en grève et un blocage de l’établissement. Le travail d’organisation interne s’est fait, mais plus en sensibilité. »

Resté sur sa faim, Jean-Pierre Courcol s’était fendu récemment d’un plan de réforme sur trois ans de la politique de l’État en matière d’arts plastiques, six pages dactylographiées qu’il a d’abord voulu présenter à Christine Albanel. Faute d’être reçu par son cabinet, il a adressé son plan à Nicolas Sarkozy à la fin du mois de juin. Que préconisait-il ? Une politique privilégiant les artistes français, une redéfinition de l’organigramme, avec la création d’une vraie direction des arts plastiques ; un plan marketing visant à convaincre les grands acteurs français d’investir dans l’art ; la mise en place de ressources humaines reposant sur la double compétence art et management ; la nécessité pour les cadres de la culture de parler au moins une autre langue européenne ; la revalorisation de la peinture ; et la fin du saupoudrage des aides pour privilégier les artistes jeunes et établis ayant un potentiel international. Ces propositions ont essuyé un silence radio de la présidence. « Il n’y a pas de stratégie globale, grince Jean-Pierre Courcol. Ce que je regrette, c’est le manque de volonté, de courage, la politique du parapluie. » Bref, il déplore que le temps et les méthodes du public ne s’inspirent pas davantage du privé.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°268 du 2 novembre 2007, avec le titre suivant : Couac au CNAP

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