Dimanche 18 novembre 2018

Corinne Diserens, en tête de pont

L'ŒIL

Le 1 juillet 2003 - 313 mots

Lunettes qui découvrent des yeux rieurs et pétillants, chignon faussement décoiffé et voix chantante aux intonations suisses, habituée des grandes expositions d’art contemporain, Corinne Diserens est à l’image du musée qu’elle va diriger, classique et moderne à la fois. Début mai, elle a pris ses fonctions de directrice du musée des Beaux-Arts de Nantes. Ancienne directrice des musées de Marseille, on lui doit l’exposition consacrée à l’œuvre d’Oskar Schlemmer au musée Cantini en 1999. Son goût pour le Bauhaus va être ici comblé avec les dix Kandinsky qui présentent, en province, la plus belle collection du maître. Elle a aussi organisé d’importantes rétrospectives sur Dieter Roth, Dan Graham, Eva Hess, Moholy-Nagy ainsi qu’un imposant travail sur « l’anarchitecture » de Gordon Matta-Clarck. Commissaire de la section française de la Biennale de Sao Paulo en 2002, Corinne Diserens a ensuite travaillé avec Okui Enwezor, le directeur de la dernière Documenta, sur l’œuvre du photographe sud-africain David Goldblatt.
Elle souhaite « une cohabitation réussie entre les œuvres anciennes et contemporaines comme au musée Boymans de Rotterdam ». À Nantes, les trois chefs-d’œuvre de La Tour, le Portrait de madame de Senonnes d’Ingres, Les Cribleuses de Blé de Courbet cohabitent déjà avec la Salve Regina de Manessier, des œuvres de Hartung, Magnelli, Poliakoff, Gorin, Bryen...
La collection est riche aussi d’œuvres de Dubuffet, de l’Arte Povera, de Richter, de Broodthaers et de Bill Viola. La nouvelle directrice continuera la programmation initiée naguère par Henry-Claude Cousseau avec des créateurs actuels comme Rosemarie Trockel ou Luc Tuymans qu’elle encourage. Dynamique et décidée, elle veut « construire des ponts d’échanges entre la ville et le musée et le mettre dans des circuits internationaux ». Elle explique que « le musée s’inscrit dans le partage d’une expérience autour d’un patrimoine : il faut commencer par un nouvel accrochage et un nouveau parcours en utilisant la grandiose architecture du lieu ».

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°549 du 1 juillet 2003, avec le titre suivant : Corinne Diserens, en tête de pont

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