Paris

À chacun sa Nuit blanche

Le Journal des Arts

Le 23 septembre 2005

Cinq parcours s’offrent aux noctambules pour profiter pleinement le 1er octobre
de la quatrième Nuit blanche de la création contemporaine.

PARIS - Fête du son, des lumières et des images, moment privilégié où la création contemporaine s’ouvre à tous, la Nuit blanche s’épanouit une nouvelle fois dans tous les recoins de la capitale. Organisée selon cinq parcours – délaissant quelque peu la partie ouest de la ville –, cette quatrième édition se veut plus claire, plus pratique en matière de signalisation et d’accessibilité (notamment pour les personnes handicapées).
Devant le foisonnement des propositions – chaque année plus nombreuses –, il est recommandé d’opérer une sélection, à moins que l’on choisisse de se livrer à une déambulation aléatoire au gré des interventions artistiques visibles çà ou là. Année du Brésil oblige, le jardin des Halles vibrera aux rythmes du funk, du hip-hop des favelas et de la musique électronique, dans une atmosphère de serre tropicale scénographiée par David Bartex. Le Forum des Halles revêtira quant à lui une allure particulière : sous le titre poétique de Camp des anges, Eduardo Srur a choisi d’installer des tentes lumineuses sur les façades, construisant un étrange campement vertical. Le parcours « Central do Paris » s’étend également au Marais, avec l’installation mystérieuse d’Isabelle Krieg ou les lianes de ronces noires de Vincent Kohler – inspirées de l’univers de William Blake –, déployées sur la façade de l’hôtel d’Albret.
Que vous suiviez « Les chemins du Paradis », de Pigalle à la porte de Clignancourt en passant par Montmartre et Jules Joffrin ou que vous vous laissiez charmer par les rencontres des « Drôles d’endroits » en empruntant la coulée verte (12e arrondissement, au départ de Bastille), les surprises seront au rendez-vous. En croisant notamment les énigmatiques Naufrageurs de Virginie Barré ou en s’offrant une baignade nocturne à la piscine de Reuilly, en musique avec le programme électro de Mich Kill My Dog.

Versailles enchanté
Le parcours « Nouvelles vagues » enjambe la Seine, partant de l’Hôtel de Ville (sur la façade duquel est projetée une vidéo de Fiona Tan) pour rejoindre le quartier de la rue Louise-Weiss et de la Bibliothèque nationale de France où Henrik Håkansson proposera, sur l’une des tours, une projection inspirée par la forêt reconstituée, inaccessible, prisonnière de l’imposant bâtiment. Les arcs en néon de François Morellet (lire p. 34) illumineront certaines façades d’immeubles, visibles depuis le quai de Béthune et le pont de Sully.
Autour de Belleville, « Nuit de fête » joue sur le côté populaire et métissé du quartier, avec des projets axés sur l’idée de proximité, de partage et de communication. L’installation interactive et ludique de Samuel Bianchini Temps libre et la jolie idée de Didier Courbot pour le boulevard de la Villette – un texte écrit sur le sol, à la manière d’un générique de film, où défilent des noms connus ou inconnus, des titres de chansons, témoignages d’une mémoire collective et de milliers de vies qui se sont croisées à cet endroit – en sont deux exemples séduisants.
En dehors des parcours balisés, le détour s’impose par Notre-Dame où Agnès Winter projettera, sur la façade, une photographie du Christ de Corcovado (Rio de Janeiro), sculpture emblématique du Brésil. Enfin, la verrière restaurée du Grand Palais, mise en lumière par Thierry Dreyfus et Frédéric Sanchez, devrait offrir aux noctambules un spectacle enchanteur.
Comme l’an dernier, Versailles y va aussi de sa « Nuit blanche », en offrant aux promeneurs l’occasion d’une visite nocturne des jardins, de l’Orangerie, du Grand Commun ou de l’Opéra royal, à la découverte des œuvres d’artistes contemporains tels que Daniel Buren, Claude Closky, Jean-Philippe Poirée-Ville ou Felice Varini.

Nuit blanche

Paris, samedi 1er octobre, 19h-7h, www.paris.fr ; VERSAILLES OFF, Versailles, 1er octobre, 20h30-3h (ou 7h selon les lieux) et 2 octobre, 20h30-1h, www.cha teauversailles.fr, entrée libre.

Nuit blanche

- Directeur artistique : Jean Blaise - Assistants : Kitty Hartl et Luc Donnard - Nombre de manifestations : 120 - Coût global de production : 1 500 000 euros

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°221 du 23 septembre 2005, avec le titre suivant : À chacun sa Nuit blanche

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