An 2000

C’était comment le futur ?

Par Olivier Michelon · Le Journal des Arts

Le 2 juillet 1999

Si de nombreuses expositions se dérouleront en l’an 2000, certaines entretiennent un lien fort avec cette date. C’est le cas de « Visions du futur », réflexion sur les représentations de l’avenir, qui réunira au Grand Palais deux cents œuvres du 3 octobre au 7 janvier 2001.

La science-fiction des années cinquante imaginait l’an 2000 comme un futur lointain où les robots seraient légion et les voyages intersidéraux monnaie courante. C’est à ce type de récits, représentations du futur dans le passé, que sera consacrée l’exposition “Visions du futur”. Projet ambitieux, celui-ci répondra au tournant du millénaire à une question paradoxale : comment hier imaginait-on demain ?

Plus de deux cents œuvres, d’une sculpture en diorite de Gudea (2120 av. J.-C.) à des créations d’artistes contemporains comme Panamarenko ou Ilya Kabakov, seront mobilisées dans trois sections pour répondre à cette interrogation anachronique. La première partie envisagera la quête de l’immortalité telle qu’elle s’exprime dans des représentations du défunt ou du héros, dans la momification et les sarcophages égyptiens, outils de l’imagination d’une vie future. Cette promesse d’une éternité est d’abord individuelle, avant de devenir collective avec l’hégémonie occidentale des religions judéo-chrétiennes qui fait l’objet de la deuxième section. Le Paradis, l’Enfer, la Jérusalem céleste ou l’Apocalypse, prélude à mille ans de bonheur, sont autant de réponses à la question d’un futur possible après la mort. C’est dans cette optique que seront regroupés des tableaux comme Le Jugement dernier de Van Eyck ou des gravures d’après la Divine Comédie de Dante. Naturellement, les rêves de la modernité concluront l’exposition : machines volantes et conquête de l’espace seront illustrées par des œuvres ou des extraits de films de science-fiction.

Ce projet est conduit par trois personnalités d’horizons différents : Annie Caubet, conservatrice en chef du département des Antiquités orientales du Louvre, Jean-Hubert Martin, directeur du Musée des arts africains et océaniens, et Zeev Gourarier, conservateur au Musée national des arts et traditions populaires. Ce dernier explique que si quelques textes viendront soutenir le propos de l’exposition, celle-ci sera essentiellement visuelle, “l’écrit viendra de temps en temps, comme un choc”. Il espère parvenir à une “muséographie-cathédrale” où, comme le font les vitraux et portails des églises, les œuvres rendraient accessible un savoir, sans recours à la lecture. Un pari difficile qui devra attendre l’automne 2000 pour être tenu.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°86 du 2 juillet 1999, avec le titre suivant : C’était comment le futur ?

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