Mercredi 19 décembre 2018

Capès et agrégation au point mort

Le ministère invoque le nombre trop limité de postes à offrir

Le Journal des Arts

Le 29 août 1997 - 374 mots

Réclamés depuis des années par les universitaires, le Capès et l’agrégation d’histoire de l’art ne sont pas à l’ordre du jour. Le ministère de l’Éducation nationale envisage tout de même de créer une option \"histoire de l’art\" dans d’autres concours.

PARIS. Depuis des années, la création d’un Capès et d’une agrégation d’histoire de l’art est revendiquée par les historiens de l’art, diplômes qui permettraient à leur matière d’acquérir une véritable autonomie. Mais le ministère de l’Éducation nationale n’a pas pour l’instant tranché la question. "Ce n’est pas à l’ordre du jour en raison du nombre trop réduit de postes qui pourraient être offerts" reconnaît François Baratte, le président de l’Apahau (Association des professeurs d’histoire de l’art et d’archéologie des universités). "Par ailleurs, on observe une réticence des historiens et des plasticiens à l’idée de mettre en place un enseignement spécifique en histoire de l’art. Les historiens pensent qu’ils font de l’histoire de l’art et que celle-ci n’est qu’un des aspects de l’histoire", ajoute-t-il. Toutefois, le dossier qui est enlisé depuis des années semble se débloquer. "Lorsque nous avons rencontré un représentant du ministère en mai, il a évoqué la possibilité de créer une option histoire de l’art dans certains Capès ou agrégations, ceux d’histoire, de lettres, et éventuellement de philosophie, à partir de 1999", précise François Baratte. Mais ce projet est loin de susciter l’enthousiasme parmi les enseignants de l’option "histoire des arts" au lycée. "À mon avis, la question du Capès d’histoire de l’art est un faux débat. La diversité des arts que l’on enseigne au lycée impose la diversité des formateurs. Il n’y a pas besoin d’un Capès d’histoire de l’art. Les enseignants d’arts plastiques ont acquis une formation théorique en histoire de l’art qui suffit amplement", estime Bruno Saint-Arroman, enseignant de l’option dans un lycée parisien. Il reproche aux universitaires de rechercher avant tout des débouchés pour leurs étudiants, sans réfléchir à l’intérêt pédagogique de ce nouveau corps d’enseignants.

Initiative. La Société d’Amis du Musée de Grenoble propose depuis huit ans aux collèges de l’Isère une "initiation à l’histoire de l’art", en s’appuyant sur un diaporama des collections du musée. Cinq séances de deux heures dans les classes, animées par des étudiants en histoire de l’art, précèdent une visite au musée.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°42 du 29 août 1997, avec le titre suivant : Capès et agrégation au point mort

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