Lundi 17 décembre 2018

Arts d’Extrême-Orient

De nouveaux collectionneurs chinois

Le Journal des Arts

Le 8 septembre 2000 - 572 mots

Paris fut longtemps un haut lieu de l’art asiatique comptant dans ses rangs quelques grandes marchands comme Ching Tsai Loo et Robert Rousset. La Ville lumière a depuis les années cinquante perdu cette suprématie. Les plus belles pièces passant en ventes publiques se négocient aujourd’hui à New York, Londres et Hongkong. L’automne asiatique, organisé depuis 1998 par de grandes figures du marché parisien comme Christian Deydier et Jacques Barrère, a néanmoins contribué à redonner du lustre à la capitale qui devrait accueillir l’année prochaine un salon spécialisé. À l’échelle internationale, cette spécialité a bénéficié de l’arrivée de nouveaux collectionneurs chinois qui se réapproprient leur culture. Leurs achats, qui se sont portés sur des pièces spécifiques (objets de lettrés, objets impériaux, peinture classique), ont contribué à dynamiser le marché et à entraîner une poussée des prix dans ces quelques domaines.

Tête de cheval, bronze, dynastie des Han postérieurs (25-220, galerie Oriental Bronzes LTD, Christian Deydier) [1]
C’est à partir des Royaumes combattants (453 à 222 av. J.-C.) que les Chinois se mirent à sculpter des chevaux. Au temps de la dynastie des Han, l’empereur Wudi (141-87 av. J.-C.) fit importer en Chine, par la route de la Soie, des chevaux du Ferghana. C’est cette nouvelle race qui est représentée dans ce détail d’un groupe complet composé d’un cheval attelé (1,20 x 1,70 m) et d’un chariot, accompagné de son palefrenier.

Bronze archaïque Fanglei, Royaumes combattants (475-221 av. J.-C., galerie Gisèle Croës) [2]
Ce grand vase (40 x 28,5 cm) carré est muni d’un couvercle et de quatre anses circulaires. Le décor, qui recouvre toute la surface du vase, est rehaussé d’incrustations blanches. Chaque face de la panse comporte un motif en deux registres illustrant des dragons en léger relief aux corps recouverts d’écailles.

Statue en bois représentant le Bodhisattva Guanyin, dynastie des Jin (1184, galerie Jacques Barrère)  [3]
Le visage rond aux traits doux et les yeux mi-clos arborant une expression altière de bienveillance, le Bodhisattva Guanyin, très populaire et vénéré en Chine durant l’époque Song-Jin, apparaît ici sous sa forme féminine, développée autour du XIe siècle. La puissance des volumes d’inspiration nomade alliée au raffinement et à la délicatesse Song rendent un syncrétisme des plus intéressants.

Précieux
CARTIER. Il nous a paru important de revenir à la Biennale afin de présenter les deux activité de Cartier ; le Cartier tradition et la haute joaillerie, parfaitement illustrée par un collier composé de deux rangs de perles fines multicolores (128,30 carats), un rang de perles fines blanc rosé (71,51 carats), un saphir coussin jaune orangé (32,36 carats), un diamant coussin brun rosé, une perle fine dorée et un diamant dit le Tavernier (56,073 carats), du nom du voyageur français qui découvrit ce diamant aux Indes en 1685.

Quiet
John MITCHELL & SON. Nous avons décidé de revenir à la Biennale pour le prestigieux profil de Paris comme capitale du marché de l’art. Nous y présenterons une nature morte aux fleurs sur cuivre du Flamand Jacob Hulsdonck (1582-1647), genre rare pour l’époque. Dans un bon état de conservation, le support de cuivre est solide et la couleur radieuse.

Régional
Gérard et Martine BAREYRE. Nous venons pour la première fois, parce que la Biennale est un événement prestigieux et la clientèle y est internationale. Cela représente l’aboutissement d’un parcours que nous avons toujours voulu de qualité. Nous présenterons une commode du début du XVIIIe siècle en marqueterie (noyer et buis) de fleurs et d’oiseaux, provenant du Languedoc, notre région.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°110 du 8 septembre 2000, avec le titre suivant : Arts d’Extrême-Orient

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