Samedi 17 novembre 2018

Art Brussels, salon international

La foire accueille 72 % de galeries étrangères

Le Journal des Arts

Le 4 avril 2003 - 980 mots

Du 4 au 8 avril, la XXIe édition d’Art Brussels, la foire d’art contemporain de Bruxelles, se déroule aux palais 3 et 4 du Heysel. Cet événement, fort d’une réputation déjà ancienne, est sans aucun doute le meilleur salon belge de sa catégorie.

Depuis sa création à la fin des années 1960 par l’”Association des galeries d’art actuel” (Art Brussels est à ce titre l’un des plus anciens salons d’art contemporain d’Europe), la foire de Bruxelles a changé plusieurs fois de visage au cours des années. Installée peu de temps après sa création au Palais des beaux-arts de Bruxelles, la manifestation était à l’origine extrêmement intime, ne réunissant qu’une trentaine d’exposants (quinze galeries belges avec pour chacune d’elles un invité étranger), et ne se déroulait qu’une fois tous les deux ans. Ce sont les années 1980 qui ont vu naître son internationalisation avec son déménagement au Heysel, le site des palais des expositions de la capitale belge, déménagement s’accompagnant d’une augmentation du nombre des exposants. Mais ce fut finalement la reprise de la foire, en 1997, par la société Artexis, spécialisée dans l’organisation de salons, et par ailleurs propriétaire de quatre foires d’art et d’antiquités en Belgique, qui en fit un événement populaire auprès du grand public. Le nombre de visiteurs (principalement belges ou originaires des pays limitrophes), qui était de 10 000 en 1997, fut propulsé à 24 500 cinq ans plus tard, en 2002. Quant aux exposants, ils restent dominés par un noyau de fidèles, parfois au rendez-vous depuis les débuts de la manifestation. Pour le reste, si l’on doit déplorer l’absence de galeries telles qu’Anthony d’Offay (Londres), Liliane et Michel Durand-Dessert (Paris), Entwistle (Londres), Victoria Miro (Londres) ou Denise René (Paris), encore présentes il y a quelques années, on ne peut que se réjouir des participations plus récentes de galeries comme Hauser & Wirth (Zurich), Johnen & Schöttle (Cologne), Patrick Painter (Santa Monica) ou encore Krinzinger (Vienne)...

Sélection homogène
Ce qui distingue Art Brussels de ses consœurs est en premier lieu sa volonté d’être résolument contemporaine. En effet, la foire de Bruxelles laisse très peu de place à l’art de la première moitié du XXe siècle ou même à l’art d’après guerre, soit l’art dit “contemporain classique”. Ainsi, si l’édition 2002 a vu le retour en force de la peinture, comme dans la plupart des autres manifestations internationales, les éditions précédentes étaient plutôt dominées par la photographie des années 1980 et 1990. Une autre caractéristique de la foire d’art contemporain de Bruxelles réside dans sa cohérence. En effet, la sélection étant relativement homogène, la majorité des exposants proposent des œuvres de qualité plus ou moins équivalentes. Peu de pièces très importantes, peu de fautes de goût, mais un ensemble d’œuvres d’artistes n’ayant pas encore atteint les sommets et, surtout, beaucoup d’œuvres abordables (entre 500 et 10 000 euros). Peu de chances donc de voir un Cattelan, un Koons ou un Gonzales-Torres à plusieurs centaines de milliers d’euros... Et pour cause, aucune de leurs galeries ne sont présentes au Heysel. De plus, la plupart des œuvres proposées à Bruxelles le sont par des galeries qui représentent directement les artistes, et rares sont les pièces issues du second marché. Enfin, un autre atout d’Art Brussels est sans conteste son côté convivial. À l’opposé des foires “mammouth”, le salon se laisse découvrir en quelques heures seulement.

Une majorité d’exposants étrangers
Pour cette vingt et unième édition, 145 galeries (contre 58 en 1997 !) ont été sélectionnées par un comité international composé des Belges Albert Baronian (présent et actif depuis les origines de la manifestation), Jo Coucke (Deweer Gallery) et Rodolphe Janssen (venu remplacer Xavier Hufkens), des Allemandes Elena Buchmann et Elga Conrads, de l’Américaine Wendy Chang (galerie Patrick Painter), de l’Italien Massimo Minini, de la Grecque Rebecca Camhi et de la Néerlandaise Tanya Rumpff. Preuve tangible de la volonté sérieuse d’internationalisation : le pourcentage de galeries étrangères s’élève à 72 % cette année. À peine un peu plus d’un quart des galeries sont donc belges. Les pays frontaliers sont néanmoins bien présents puisque trente-quatre galeries allemandes et vingt-deux françaises ont répondu présent. Les exposants italiens, autrichiens et néerlandais sont pour leur part au nombre de neuf. L’on pourra également rencontrer quatre galeries suisses, trois espagnoles, trois anglaises, trois grecques et trois danoises. Signalons enfin les participations de galeries portugaises, américaines, islandaises, irlandaises, luxembourgeoises, canadiennes et tchèques.

Programme
Comme à l’habitude désormais, la foire est partagée en trois secteurs. Ainsi, l’on trouvera auprès des stands réservés aux galeries confirmées un espace consacré aux “Young Galleries”, où sont confinés cette année trente et un participants. Par ailleurs, Art Brussels offre la possibilité aux marchands qui le désirent de réaliser un “One-man-show” sur un espace adjacent à leur stand. La plate-forme, inaugurée il y a deux ans et calquée sur les “Art Statements” de Bâle, avait pour but de mettre en avant des artistes très jeunes, encore très peu connus du public, et de constituer ainsi un tremplin pour ces derniers. Que la galerie Bugdahn und Kaimer (Düsseldorf) présente cette année des œuvres de Jürgen Klauke montre que le concept a quelque peu évolué...

Accueil des collectionneurs invités
Notons enfin qu’Art Brussels met sur pied, comme beaucoup de foires, un programme réservé aux collectionneurs. Ainsi, chaque galerie participante a la possibilité d’inviter un couple de collectionneurs qui bénéficiera gracieusement d’une nuitée à Bruxelles. Ces collectionneurs pourront, le 6 avril, en complément intelligent à la foire, visiter les musées contemporains du pays, où ils seront accueillis par leurs directeurs respectifs (Jan Hoet pour le SMAK de Gand, Laurent Busine pour le MAC’s au Grand-Hornu et Bart de Baere pour le MUHKA d’Anvers) (lire pages 20-21).

Art Brussels

Du 4 au 8 avril, palais 3 et 4, Brussels Expo, Place de Belgique, Bruxelles, tél. 32 2 402 36 66, tlj 12h-20h, 12h-18h le 8 avril, nocturne le 7 avril jusqu’à 22h, www.artbrussels.be. Prix d’entrée : 10 euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°168 du 4 avril 2003, avec le titre suivant : Art Brussels, salon international

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