Photographie

Arles mise sur la densité

Le Journal des Arts

Le 15 avril 2005

La 36e édition des Rencontres de photographie va conjuguer bons sentiments et découvertes.

PARIS - Après le feu d’artifice de l’édition précédente sous la direction de Martin Parr, François Hébel reprend la main des Rencontres de photographie d’Arles, confirmant le côté généraliste de ce festival.
Les fameux Grands Prix, créés par François Hébel en 2002, seront cette année l’occasion pour chaque nominé de bénéficier d’une exposition personnelle. Nous découvrirons ainsi une quinzaine d’artistes comme Maurice Sheltens, Gareth McConnel, Stefan Ruiz, Simon Norfolk, Mathieu Bernard-Raymond, Ryan McGinley…
Plusieurs expositions monographiques consacreront des artistes aussi divers que Joan Fontcuberta, habitué du festival – il en fut même en 1996 le directeur artistique – mais qui n’y avait jamais exposé. L’Américain John Divola, un coloriste mésestimé, présentera un travail plutôt anecdotique sur les chiens. Il méritait mieux. Philippe Lopparelli (déjà prévu l’an dernier), et deux photographes israéliens, Barry Frydlender et Michal Heiman, figureront aussi dans cette section. À noter, une curiosité : la collection de W. M. Hunt, le directeur de la photographie de la galerie Ricco/Maresca à New York. Une sélection de 320 images comprendra des œuvres de Weegee, Irving Penn, Diane Arbus ou Sally Mann dont  les personnages photographiés ont tous en commun une absence de regard !
L’actualité et les questions du moment seront à la une avec les affiches politiques de l’Israélien David Tartakover et les travaux de trois Hollandais : le regard des Irakiens sur la guerre par le photojournaliste Geert van Kesteren, les objets confisqués à la douane de l’aéroport de Schipol par Christien Meindertsma ou l’environnement familial et professionnel des femmes de pouvoir dans le monde arabe, vues par Jacqueline Hassink. Dans la section « Portraits », Denis Darzacq exposera ses portraits sociaux réalisés à Bobigny, Denis Rouvre, des images d’un intérêt lointain de people prises à Cannes, et David Balicki, des Portraits citoyens d’Arles…, une commande.

Programme consensuel
Quatre expositions sont placées sous le signe de l’Année du Brésil : Miguel Rio Branco, photographe de Magnum ; le travail précieux et ennuyeux de Mario Cravo Neto ; Arthur Omar qui, depuis vingt ans, photographie les visages du carnaval de Rio, et les installations de Rosângela Rennó sur la mémoire. Et l’inévitable caution sociale : Olhares do Morro, ou quand les habitants des favelas photographient leur environnement. De son côté, l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles fête ses 20 ans avec une exposition de quelques-uns de ses élèves… À côté de ceux qui ont réussi comme Bruno Serralongue, elle invite deux étudiants de l’International Center for Photography de New York à présenter leurs travaux. Lors d’une soirée de conférences, cinq photographes comme Arnaud Claas ou Christian Milovanoff proposeront leur histoire, subjective, de la photographie.
Les Rencontres déserteront à l’occasion de « La Nuit de l’Année » le Théâtre antique pour une déambulation dans le vieux quartier de la Roquette. Cours d’écoles, monastères ou hôtels particuliers accueilleront des acteurs de la presse (agences, magazines ou collectifs) qui y présenteront leur actualité de l’année. Pour les nostalgiques, Martin Parr sera tout de même présent, avec le travail de Keld Helmer-Petersen dont il avait présenté l’an dernier le livre, 122 Colour Photographs. Ce photographe danois, coloriste exceptionnel, fait partie de la section « Redécouvertes » du festival où il côtoiera Christer Strömholm, Suédois mort en 2003 connu pour ses images de travestis du Pigalle des années 1960, Jean-Claude Gautrand et son travail sur le camp de concentration de Natzwiller-Struthof, en Alsace, et les photographes des Eaux et Forêts du XIXe siècle.
Un programme dense, consensuel, parfois austère, où bons sentiments voisinent avec nombre de découvertes… À voir.

Rencontres de photographie d’Arles

Festival : du 5 au 10 juillet, expositions : du 5 juillet au 18 septembre (dates de fermeture variables à partir de la fin août), tlj 10h-19h, www.rencontre-arles.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°213 du 15 avril 2005, avec le titre suivant : Arles mise sur la densité

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