Vendredi 20 septembre 2019

Presse

AÌ€ nos lecteurs

Les aides de l'État à la presse soulèvent le débat des critères

Par Jean-Christophe Castelain · Le Journal des Arts

Le 2 janvier 2014 - 418 mots

Il est toujours embarrassant pour un éditeur de profiter de son propre journal pour exposer les préoccupations de sa profession. Mais outre que les aides à la presse, puisqu'il s'agit de cela, relèvent du ministère de la Culture qui est dans le champ du Journal des Arts, la toute récente décision prise par ce ministère risque d'entraîner une augmentation de nos tarifs d'abonnement.

De quoi s'agit-il ? Depuis des années, l'État verse une subvention (150 millions d'euros en 2014) à La Poste afin de limiter les tarifs d'affranchissements dont profite la presse. Depuis 2008, les éditeurs ont accepté une augmentation sur plusieurs années de ces tarifs, compensée en partie par une aide supplémentaire de l'État de 30 millions d'euros. Or en juillet dernier, le ministère de la Culture a annoncé la suppression de cette aide supplémentaire. Les syndicats professionnels se sont alors mobilisés pour tenter de faire revenir l'État sur sa décision, revendiquant non pas une pérennisation de cette aide, mais une diminution progressive afin d'éviter une augmentation trop brutale des tarifs postaux de 11% en 2014 et 10% en 2015.

Peine perdue, mais pas pour tout le monde, puisque les représentants de la presse d'Information politique et générale (IPG) réunis à l'Élysée, ont appris le 18 décembre dernier qu'ils allaient continuer à bénéficier en partie de ce moratoire. Il n'est pas discutable que cette presse est en grande difficulté. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle bénéficie en plus d'une importante aide directe ou via des tiers comme le révèle la publication récente du tableau des 200 titres les plus aidés, que nous appelions de nos vœux dans ces colonnes il y a peu. Mais il devient indispensable de revoir les critères qui distinguent la presse IPG de la presse magazine. Il n'est en effet pas normal que d'un côté les suppléments publicitaires « spé́cial montre » ou « spécial parfum » des quotidiens bénéficient indirectement de l'argent du contribuable et que de l'autre on mette dans le même sac la presse « people » et les revues scientifiques et culturelles. Sans vouloir être désobligeant avec nos confrères, il nous semble que le compte rendu et l'analyse de l'actualité du patrimoine et de la création traités par le Journal des Arts relèvent plus de la pensée et du débat d'idées que les anecdotes sur la vie privée des chanteuses des télécrochets. Revoir les catégories de presse, voilà l'un des vœux que nous formons pour 2014. Mais notre souhait le plus cher est que vous passiez une excellente année culturelle.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°404 du 3 janvier 2014, avec le titre suivant : AÌ€ nos lecteurs

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