Vol

Affaire Garel, suite

Le Journal des Arts

Le 23 août 2007

La BNF engage une procédure en restitution pour récupérer son bien.

NEW YORK - Depuis 2000, l’affaire du vol du manuscrit « Hébreu 52 » agite la Bibliothèque nationale de France (BNF). La disparition de ce document avait été constatée et signalée le 24 juillet 2000. Après une première enquête infructueuse, une seconde avait été engagée en 2004, faisant porter les soupçons sur Michel Garel, conservateur en chef au département des Manuscrits de la BNF et responsable du fonds hébreu. Le 10 mars dernier, Michel Garel a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris. Il a interjeté appel de ce jugement. L’audience devrait se tenir cette année, probablement à l’automne. Cette triste affaire entre aujourd’hui dans une nouvelle phase. Interpol a pu établir l’itinéraire du manuscrit qui a été maquillé et mutilé. Après avoir été acheté en 1998 pour 80 000 dollars (environ 483 000 francs français de l’époque) par un Anglais, David Sofer, l’objet a été vendu chez Christie’s à New York le 19 mai 2000, et acquis pour 350 000 dollars par l’Américain Josef Goldman. Ce dernier, qui a eu, depuis, toutes les preuves en main que le manuscrit qu’il avait acheté était bien celui volé à la BNF, refuse de le rendre, ce malgré une mise en demeure. Devant l’obstination de Josef Goldman, le ministère de la Culture et de la Communication s’est joint à la Bibliothèque nationale de France pour engager une procédure en restitution auprès de la Cour suprême de l’État de New York.

Obligation de restitution
« Il s’agit d’un manuscrit particulièrement important, sur un plan matériel bien sûr, mais surtout scientifique, presque sacré », a rappelé mardi 13 juin Jean-Noël Jeanneney, président de la BNF, lors de la conférence de presse organisée pour évoquer le nouvel épisode de cette affaire. « Que l’acheteur soit de bonne foi, il n’y a pas de raisons d’en douter. Qu’il veuille être indemnisé, cela peut aisément se comprendre. Mais là n’est pas notre problème. Le seul objectif de la Bibliothèque nationale de France est de récupérer ce bien inaliénable, imprescriptible, insaisissable », a précisé Jean-Noël Jeanneney. Josef Goldman peut se retourner contre le vendeur et contre Christie’s, mais, en droit, il a l’obligation de restituer le document. L’avocat américain Pierre Gournot, qui a été choisi pour représenter l’institution, rappelle qu’aux États-Unis le premier propriétaire a plein droit de récupérer un bien volé racheté. . À moins que, d’ici là, Josef Goldman ne consente à restituer de lui-même le précieux manuscrit…

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°240 du 23 juin 2006, avec le titre suivant : Affaire Garel, suite

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