Coquilles vides pour musées fermés

Aéroport, mosaïques et bas-reliefs

Rome : Les collections des musées capitolins

Le Journal des Arts

Le 1 novembre 1994

Un bâtiment du Terminal Ostiense, construit en 1990 pour desservir l’aéroport Leonardo da Vinci à l’occasion de la Coupe mondiale de football, va accueillir des expositions. Ceci justifiera peut-être au yeux des Romains les milliards de lires engloutis dans un bâtiment qui a servi trop brièvement, et dont bon nombre d’aménagements n’ont jamais fonctionné.

ROME - Une première expérience devrait être tentée pendant la fermeture partielle des musées capitolins. Les quatre ans de travaux qui débutent au palais des Conservateurs nécessiteront la fermeture d’ailes entières du complexe muséographique municipal le plus visité de Rome. La modernisation des services, des installations et des systèmes de sécurité, qu’on ne peut différer plus longtemps, s’accompagnera de la restauration d’une partie du palais des Conservateurs, du Braccio Nuovo et du Museo Nuovo. Grâce au Terminal Ostiense, le public ne sera pas privé des très riches collections des musées capitolins.

Le terminal va servir de laboratoire. En effet, l’aménagement des musées capitolins permettra de dégager de nouveaux espaces et il faudra songer à réorganiser complètement les collections : le bâtiment de ciment et de verre du Terminal Ostiense, créé par l’architecte La Fuente, permettra de tester de nouvelles présentations.

Des pièces exceptionnelles enfin réunies
Bon nombre d’objets dorment aujourd’hui dans les réserves ; des pièces exceptionnelles, exposées hors de leur contexte, retrouveront l’ensemble dont elles faisaient partie à l’origine, dispersé dans différents lieux au fur et à mesure de fouilles prolongées. On pourra enfin voir réuni le matériel provenant des demeures privées du bas Empire, comme celle de Claudio Claudiano, découverte sur les pentes du Quirinale, ou celles retrouvées près de la gare Termini ou du Monte di Giustizia. Sculptures et bas-reliefs rejoindront les mosaïques et le mobilier d’un même ensemble, recomposant ainsi, à travers les collections constituées par de riches Romains, l’histoire du goût artistique depuis la Rome antique jusqu’à la République et au bas Empire.

Le fonds somptueux de l’Antiquarium municipal, longtemps séparé des sculptures conçues pour les mêmes villas, figurera à nouveau à la place qui lui est due. Le Terminal Ostiense abritera à titre provisoire ces essais de reconstitution, au nombre desquels figurera le fronton du temple d’Apollon Sosien, exposé voici plusieurs années à Rome et à Berlin avant de disparaître dans les réserves. Ce bâtiment offrira 3 000 m2 aux collections capitolines – qui disposent pour le moment de 2 300 m2 – et 2 500 m2 aux expositions temporaires, l’autre volet de cet ambitieux projet.

Très bien desservi, le Terminal Ostiense peut accueillir 900 000 visiteurs par an. Dernier aspect positif de l’expérience, elle pourrait contribuer au développement d’un quartier proche du centre, laissé à l’abandon, mais qui n’a rien perdu de son charme.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°8 du 1 novembre 1994, avec le titre suivant : Aéroport, mosaïques et bas-reliefs

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