Une maison de ventes canadienne en faillite doit des millions de dollars à ses créanciers

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 19 novembre 2009

TORONTO (CANADA) [19.11.09] – Une des plus grandes maisons de vente du Canada, Ritchies Auctionneers, est en faillite depuis fin octobre. Le 16 novembre, des documents ont été publiés montrant une situation financière désastreuse et plus de 8,5 millions de dollars de dettes auprès de ses créanciers.

Le 27 octobre, la Cour de Justice de l’Ontario (Canada) a déclaré la faillite de Ritchies Auctionneers, unes des plus grandes maisons de ventes canadienne, établie depuis 42 ans à Toronto. Selon le quotidien canadien The Globe and Mail qui relate cette affaire, le personnel a été licencié, les bureaux ont été fermés et les serrures comme les alarmes ont été changées.

La maison de vente a été forcée à la banqueroute par le propriétaire de ses bureaux à qui elle devait plus de 131 000 dollars canadiens (83 600 euros) de loyers impayés. Mais la société doit des sommes beaucoup plus importantes à plusieurs créanciers et à de nombreux vendeurs.

La situation de la maison de ventes s’est soudainement aggravée pendant l’été 2009. En mai, Ritchies a été incapable de payer les vendeurs d’une vente effectuée en collaboration avec Sotheby’s, qui a dû dédommager les consignateurs en totalité. En juillet, Stephen Ranger, le président de la société, a démissionné, et 27 des 31 employés ont été licenciés.

Le 16 novembre, une première étude de la Chambre de commerce de Toronto met en évidence des fautes graves de gestion et de fonctionnement, qui ont sans doute conduit à cette faillite spectaculaire.

La société a des actifs de 1,8 millions de dollars (1,1 millions d’euros), tandis que ses dettes s’élèvent à plus de 8,5 millions de dollars (5,4 millions d’euros). Pour le moment, une centaine de créanciers ont été identifiés, dont la Banque de Montréal. Parmi eux, les vendeurs d’une enchère de juin 2009 attendent encore un paiement total de 1,2 millions de dollars (761 500 euros).

La procédure de liquidation ne permettra vraisemblablement pas de rembourser les créanciers, car les sommes collectées après les ventes aux enchères n’étaient pas placées sur des comptes sécurisés, mais reversées dans les comptes généraux de la société. Fin octobre, ces comptes étaient soit à découvert, soit affichaient un solde minimal.
De plus, l’actuel directeur exécutif de Ritchies, Ira Hopmeyer, a expliqué aux autorités chargées de régler la faillite que la société était « incapable d’identifier les propriétaires d’une partie substantielle des inventaires » . Le rapport de la cour montre que ces inventaires de vente n’ont pas été tenus correctement depuis juin 2008.

Site Internet de la Maison de Ventes Ritchies Auctionneers

Légende photo

Stephen Ranger, ex-président de Ritchies - © Tara Walton/Toronto Star

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