Mercredi 11 décembre 2019

Situation toujours bloquée au Mont-Saint-Michel

Par Sarah Barry · lejournaldesarts.fr

Le 27 juin 2013 - 694 mots

MONT-SAINT-MICHEL [27.06.13] – Les différentes parties en présence dans le conflit qui touche le Mont-Saint-Michel depuis plusieurs semaines se sont réunies à Caen lundi 24 juin 2013, mais n’ont pu parvenir à un accord. Les salariés de l’abbaye entament le 25e jour d’une grève qui ne semble gêner que le CMN. Mais la situation pourrait se débloquer ou se radicaliser avec l’arrivée de la haute saison et le passage du Tour de France dans la baie.

La réunion tant attendue, qui avait été annulée puis reportée au lundi 24 juin 2013, n’a finalement pas donné grand chose. Les représentants des différents camps qui s’affrontent au Mont-Saint-Michel étaient présents : Laurent Beauvais (président de la Région Basse-Normandie et du syndicat mixte de la baie du Mont-Saint-Michel), la société de transport Transdev (chargée de l’acheminement entre la côte et le Mont), l’intersyndicale du Centre des monuments nationaux (SNMH-CGT / CFDT-CMN), le préfet du département, la DRAC, l’administrateur du site, ainsi qu’un représentant du CMN.

Selon Bruno Bodet, directeur de cabinet de Laurent Beauvais, sur les cinq points qui ont été discutés lors de la réunion, trois ont donné lieu à un accord. Mais le principal sujet de discorde, la mise en place d’un service de transport réservé aux salariés et aux habitants du Mont, n’est pas réglé.

Préoccupés par des questions de confort et de sécurité, les salariés du rocher réclament la séparation des flux de transport : d’un côté le service touristique, de l’autre les navettes dédiées aux utilisateurs quotidiens. Selon les revendications de l’intersyndicale, ces dernières devraient partir de la côte vers le site toutes les 10 minutes en haute saison (20 minutes en période creuse), supposant la mise en service de deux petits bus par Transdev.

Refus de la société de transport, qui a déjà perdu beaucoup d’argent dans l’affaire. « Ils demandent quasiment un bus par personne », s’indigne une porte-parole du syndicat mixte, « ce serait un sur-service ». Transdev propose déjà un système de coupe-file aux usagers quotidiens, destiné à leur donner accès aux navettes en priorité par rapport aux touristes. Mais les salariés du Mont craignent des tensions et des litiges, d’autant que la capacité des navettes leur paraît insuffisante pour la haute saison. « Nous ferons un point d’étape à l’issue de la haute saison », indique Bruno Bodet, « il faut laisser sa chance au système avant de juger ».

Le CMN avait proposé la mise en place d’un service réservé à ses seuls salariés, mais les personnels de l’abbaye ont souhaité rester solidaires de tous les travailleurs du Mont. Cependant, toute tentative d’évaluer le besoin réel de transport se heurte au refus des employeurs du rocher de communiquer les chiffres de leurs effectifs dont certains seraient en situation illégale.

« On est dans un statu quo », déclare Thomas Pucci, secrétaire général du syndicat national des monuments historiques (CGT). La grève doit se poursuivre au moins jusqu’au vendredi 28 juin 2013, quand se tiendra une assemblée générale, qui décidera de la suite des opérations. « On va essayer de faire évoluer les positions du syndicat mixte par le biais du CMN, j’attends des nouvelles de monsieur Bélaval ».

De son côté, le CMN est sceptique : « on espère arriver à un accord commun », explique un porte-parole, « mais on n’a pas trop la main pour faire pencher la balance d’un côté ou d’un autre ». Les pertes pour l’institution sont importantes, la grève entamée le 3 juin a notamment pour conséquence l’ouverture gratuite de l’abbaye aux touristes. « Il y a l’aspect financier, mais c’est avant tout un mauvais coup pour le Mont-Saint-Michel en général, ça véhicule des avis négatifs, et on constate une perte de centaines de milliers de visiteurs par rapport à l’année dernière ».

Chaque camp attend donc un nouveau round de négociations. L’arrivée de la haute saison, ainsi que le passage du Tour de France pour un contre-la-montre le 10 juillet, pourraient accélérer le processus. « On espère que la situation se débloquera d’ici le 10 juillet », affirme Thomas Pucci, « mais si ce n’est pas le cas, on profitera de l’évènement pour exprimer la position des salariés ».

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Le Mont-Saint-Michel - © Photo Maureen - 2009 - Licence CC BY 2.0 

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