Dimanche 24 octobre 2021

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Le Musée de l’art en otage ouvre ses portes près de Milan

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 13 mai 2015 - 525 mots

CASSINA DE’PECCHI / ITALIE

CASSINA DE’PECCHI (LOMBARDIE, ITALIE) [13.05.15] – Le Musée de l’art en otage ou Maio, aménagé dans une ancienne tour du XVIIe, a pour vocation de présenter au public les 1 600 œuvres d’art volées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, et encore en grande partie introuvables.

Le Musée de l’art en otage (Museo dell’Arte en Ostaggio) ou Maio, a été aménagé dans une ancienne tour entièrement restaurée, datant du XVIIe siècle, à Cassina de’ Pecchi, près de Milan, et sera inauguré le 16 mai à 16 heures, rapportent Il Giornale dell’Arte et Archeomatica. La commune et l’écrivain Salvatore Giannelli sont à l’initiative de ce musée original, qui cherche à reconstituer, à partir de plusieurs points de vue historiques et de technologies innovantes, un patrimoine perdu, celui des 1 600 œuvres d’art volées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, et encore en grande partie introuvables.

Le Maio est essentiellement constitué de dispositifs multimédias, comprenant entre autres des documents d’archives, des vidéos en 3D et des bornes tactiles, conçus par la startup milanaise Streamcolors. Un espace a été dédié aux expositions temporaires. Des copies à l’échelle des chefs-d'œuvre italiens sauvés pendant la guerre par Pasquale Rotondi, et d'autres responsables de la Surintendance, cachés à Sassocorvaro et Carpegna, seront exposées. Pensé comme un musée participatif, le Maio cherche à engager une réflexion sur les dommages que la privation de la contemplation de tels trésors culturels peut engendrer sur le développement de la créativité de la nouvelle génération.

Salvatore Giannelli, auteur du livre Opération sauvetage dédié à Pasquale Rotondi et aux « Monuments Men » actifs en Italie dans le dernier conflit, affirme qu’un des objectifs principaux est de solliciter des initiatives pour récupérer ces artefacts, encore « prisonniers de guerre ». Sur son site, Giannella Channel, il publie régulièrement les images des œuvres manquantes dans l’espoir de les retrouver et de les voir restituées à leur pays d’origine. Parmi les nombreux chefs-d’œuvre sélectionnés par l’écrivain, Salvatore Giannelli a ménagé une place d’honneur à la tête de faune riant de Michel-Ange, volé en 1944 au Château de Poppi, dans la province d’Arezzo. La recherche de ces 1 600 œuvres a commencé immédiatement après la guerre par Rodolfo Siviero, surnommé « le 007 de l’art », à la demande du gouvernement pour la récupération des œuvres volées d'Italie pendant la Seconde Guerre mondiale.

Un autre objectif du Maio est d’inviter les Italiens à accorder plus d’attention à la beauté de ce patrimoine volé pendant la guerre, et de mettre en valeur les récents succès des policiers de l’unité spécialisée dans la protection du patrimoine artistique. Une œuvre de Michele Cammarano, La charge des Bersaglieri, volée au 8e régiment des Bersaglieri de Pordenone, a été retrouvée récemment, ainsi que Le Semeur de Jacopo Bassano, soustrait de la Galerie des Offices à Florence et récupéré à Springfield aux Etats-Unis.

Le Maio, inauguré à quelques jours de l’ouverture de l’Exposition Universelle à Milan, s’inscrit également dans le projet de l’Anneau vert, un parcours pédestre et cycliste de plus de 5 km, ponctué de panneaux signalétiques destinés à mettre en valeur les biens historiques, culturels et environnementaux de la commune.

Légende photo

Le Musée de l’art en otage (Museo dell’Arte en Ostaggio) ou MAIO à Cassina de’ Pecchi près de Milan - Photo D.R.

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