Décorchemont

Par Fabien Simode · L'ŒIL

Le 6 août 2007

François Décorchemont (1880-1971) fut l’un des potiers de verre les plus solitaires, l’un des plus géniaux aussi. L’égal des Gallé, Lalique et Daum. Petit-fils d’artisan normand, fils de sculpteur, François entre aux Arts-Déco à 15 ans. À cette époque, la France concentre ses efforts sur les arts appliqués pour soutenir son industrie. Décorchemont aborde la pâte de verre en 1903, alors plus lucrative. Encouragé par le succès commercial et artistique, il opte définitivement pour les arts décoratifs en 1907. Sa carrière est lancée.
Son esthétique ne cesse ensuite de progresser, parallèlement à sa technique et à ses fours qu’il fabrique lui-même. D’abord Art nouveau, le style Décorchemont évolue pour un ornement géométrique, stylisé à l’extrême. C’est l’Art déco et, pour le décorateur, la reconnaissance internationale. Mais la crise de 1929 met un frein au marché. Cherchant de nouveaux débouchés, l’artiste adapte en 1932 sa technique à celle du vitrail. Commence alors une seconde carrière, dont l’église Sainte-Odile à Paris reste le point d’orgue.
Au crépuscule de la vie, alors qu’il refuse une dernière fois de transmettre ses secrets de fabrication à la manufacture Daum, Décorchemont vilipende l’abstraction, qu’il ne comprend pas. À sa mort, le 19 février 1971, ce traditionaliste n’était, selon lui, déjà plus de ce monde.

Véronique Ayroles, Catalogue raisonné François Décorchemont, un maître de la pâte de verre, Norma éditions/Les Arts décoratifs, 384 p., 950 ill., 85 €.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°588 du 1 février 2007, avec le titre suivant : Décorchemont

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