Samedi 23 novembre 2019

Analyse

Vivier de talents

Par Roxana Azimi · Le Journal des Arts

Le 11 mai 2011 - 486 mots

Si les galeries françaises sillonnent foires, ateliers et biennales à la recherche de jeunes pousses, il est un événement qui attise de plus en plus leur curiosité : le Salon de Montrouge, organisé du 5 mai au 1er juin et conçu selon le principe du radio-crochet.

En 2009, la galeriste parisienne Gabrielle Maubrie y avait remarqué Théo Mercier, qu’elle a immédiatement exposé sur les foires. Son bonhomme en spaghettis s’est même retrouvé à l’entrée de l’exposition « Dynasty » au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, avant d’être acheté par le collectionneur Antoine de Galbert. De son côté, Jean Brolly avait repéré en 2010 Mathieu Cherkit, qu’il montrera en septembre prochain. Intégré depuis à la galerie Bertrand Grimont, Julien Salaud a joui d’un véritable buzz l’an dernier. « C’est un creuset pour voir de jeunes talents. On est tous à la quête de l’artiste original », confie Jean Brolly, qui n’avait guère l’habitude de se rendre régulièrement à la manifestation avant la reprise en main en 2009 de celle-ci par Stéphane Corréard. D’après une enquête effectuée par le salon, en 2010, 72 % des artistes exposés ont été contactés par des galeries, et 78 %, par des collectionneurs.
Cette année, outre des têtes chercheuses de LVMH, les collectionneurs tels Isabelle et Jean-Conrad Lemaître ou Jean-Michel Poitevin se sont pressés à la preview de la manifestation. Les galeries comme Jean Brolly, Frédéric Bugada, Anne de Villepoix, Laurent Godin et Backslash semblaient aussi en chasse. Hormis quelques exceptions, comme le travail de Jean-Michel Pancin autour de la mémoire de la prison d’Avignon, ainsi que plusieurs vidéastes labellisés « école du Fresnoy », les œuvres trahissaient nombre d’emprunts et d’idiosyncrasies, comme les murs tapissés de dessins de tous formats, ou des agencements de photos rappelant Esko Männikkö. Même si la qualité des œuvres était moins forte que l’an dernier, les affaires sont allées bon train. Mathieu Simon a pour sa part trouvé preneur pour sa Tour de Pise. 

De Montrouge à Venise
Le capital de sympathie dont bénéficie le Salon de Montrouge est l’un des symptômes d’une vraie percée des jeunes artistes français. Lauréat du prix Marcel Duchamp en 2010, Cyprien Gaillard a rejoint la galerie Metro Pictures à New York et Sprüth Magers à Berlin. Entré chez Pace Gallery à New York, Loris Gréaud expose actuellement à la Kunsthalle de Vienne. Tout comme Gaillard, il figurera dans l’exposition de Bice Curiger « ILLUMInazioni », à la prochaine Biennale de Venise. Les chemins pour conquérir l’international sont multiples. Montré dans l’exposition « Notre Histoire » en 2006, Jules de Balincourt est sans doute le plus connu des jeunes artistes d’origine française. Le plus cher aussi. En juin 2010, une de ses œuvres avait atteint 277 250 livres sterling (309 500 euros) chez Christie’s. Déjà exposé en 2008 chez Thaddaeus Ropac à Paris, ce jeune homme élevé aux États-Unis renoue avec cette galerie à partir du 8 juin. 

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°347 du 13 mai 2011, avec le titre suivant : Vivier de talents

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