Vente par appartement

Christie’s disperse la collection de Mme Cates

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 7 mars 2003

Le 18 mars, Christie’s livrera le contenu d’un magnifique appartement parisien de l’avenue Matignon, ayant appartenu à Mme Cates, une dame de goût qui a collectionné des meubles et objets de haute qualité.

PARIS - Christie’s dispersera à Paris le 18 mars la collection de Mme Nelia Barletta de Cates, disparue l’an dernier. “Originaire de Saint-Domingue, ayant vécu en Amérique et en Europe, cette grande dame [...] sut utiliser les plus beaux meubles et objets des XVIIIe et XIXe siècles français, le marbre, les pierres dures et le bronze doré en les juxtaposant à des tapisseries et papiers peints anciens”, témoigne Bertrand du Vignaud, l’instigateur de la vente. La collection présentée par Christie’s était conservée dans un très bel appartement parisien situé au 18, avenue Matignon, à deux pas de la maison de ventes, et dont la décoration avait été confiée à l’architecte d’intérieur Patrick Hourcade.
Mme Cates acheta de nombreux objets dans les années 1970 et au début des années 1980 pour sa résidence de Londres. Lors de son déménagement à Paris à la fin des années 1980,  elle acquit un appartement de style à Paris. Décoré pour Loel et Gloria Guinness par Georges Geffroy, grand nom de la décoration des années 1950, il avait été meublé par de beaux meubles d’époques Louis XVI et Empire, aux provenances souvent historiques. La plupart des objets réunis par les Guinness furent rachetés par Mme Cates et ne sont donc pas apparus sur le marché depuis au moins cinquante ans.
L’ensemble traduit un goût prononcé pour les formes architecturées, avec une préférence marquée pour les meubles au placage d’acajou ou d’ébène et les bronzes dorés. Dans les divers salons de l’appartement, on pouvait trouver la signature des plus grands ébénistes et menuisiers tels que Brizard, Canabas, Heurtaut, Jacob, Leleu, Macret, Molitor ou Tilliard. De ce dernier, il faut noter une suite de sièges estampillés, en bois doré, d’époque Louis XVI, dont le dessin peut être rapproché des projets de Louis Prieur pour le Palais Royal de Varsovie vers 1766 ainsi que des chaises réalisées par le célèbre menuisier Louis Delanois. Ils sont estimés 600 000 à 900 000 euros. Deux ensembles de quatre appliques d’époque Louis XVI, très proches d’appliques conservées au J. P. Getty Museum de Los Angeles, ont été évalués 200 000 à 300 000 euros chacun.
La vacation compte d’autres nombreux beaux objets d’art telle une paire d’aiguières en bronze doré d’époque Louis XVI, à l’anse en forme de lionne, avec le bec en forme de cheval ailé et le corps orné de masques rayonnants. Estimée 80 000 à 120 000 euros, cette paire est inspirée d’un modèle de vase daté 1697 et signé par l’orfèvre Nicolas Delaunay, et aujourd’hui conservé à la cathédrale de Poitiers. Le catalogue de la vente est enrichi de photographies d’intérieur montrant les objets dans leur contexte. On peut donc admirer une paire de gaines d’époque Louis XVI encadrant l’entrée du grand salon, estimée 200 000 à 300 000 euros. Elles proviennent probablement des collections de William Beckford, portent les médaillons du maréchal de Turenne et de Sully et furent sans doute réalisées par Jacques ou René Dubois. Elles supportent une imposante paire d’urnes d’époque Louis XIV en granit rose sculpté, estimée 250 000 à 400 000 euros. La salle à manger comportait un rare ensemble de quatre torchères de dimensions exceptionnelles (haut. 187 cm) d’époque Restauration en bronze ciselé patiné vert et doré, en marbre rouge griotte, à quinze lumières. Elles sont attribuées au célèbre Pierre Phillipe Thomire et estimées 100 000 à 200 000 euros la paire. Toutes les estimations sont soutenues, mais la somme récoltée à l’issue de la vente ira, selon la volonté de Mme Cates, à une fondation de lutte contre le cancer.

COLLECTION DE MME NELIA BARLETTA DE CATES

Vente le 18 mars, Christie’s France, 9 avenue Matignon, Paris 75008, tél. 01 40 76 85 85, www.christies.com. Exposition les 14 et 15 mars, 10h-18h, le 16 mars, 14h-18h et le 17 mars 10h-18h.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°166 du 7 mars 2003, avec le titre suivant : Vente par appartement

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