Mardi 11 décembre 2018

Pierre Bergé & associés

Une vision contemporaine

500 pièces de mobilier ancien de la collection du marchand Paul De Grande sont mises au goût du jour, avant de passer aux enchères en Belgique

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 16 septembre 2009 - 505 mots

JABBEKE - Dans le cadre d’un réaménagement de ses locaux à Jabbeke (près de Bruges), l’antiquaire belge Paul De Grande a choisi de s’adresser à la maison Pierre Bergé et associés (PBA) pour vendre aux enchères une petite partie de son stock qui compte plus de 5 000 meubles, sculptures et objets d’art du XVIe au XIXe siècle dont sont friands les décorateurs européens et américains.

Pour ce faire, la maison de ventes a demandé à India Mahdavi, architecte et designer installée à Paris, de mettre en scène dans un univers contemporain 500 œuvres qu’elle aura elle-même choisies chez l’antiquaire, soit une variante du concept de la « Wish List » lancée il y a un an par PBA. En les mélangeant à du design et de l’art contemporain à travers une scénographie originale, sur 1 500 m2 d’espace que lui a réservés Paul De Grande dans son showroom, India Mahdavi invite le spectateur à porter un regard nouveau sur des objets anciens. Elle a ainsi recontextualisé nombre d’œuvres de la Haute Époque qui ont une résonance avec l’art contemporain, tel un monumental Christ en croix du Nord de la France, datant du XVIe siècle, estimé 20 000 euros. Estimée 50 000 euros, une bibliothèque monumentale en acajou, datant de la moitié du XIXe siècle et provenant d’un château anglais, trouvera peut-être sa place dans un loft.
Parmi les objets de grande décoration sélectionnés par India Mahdavi, notons deux pièces d’encadrement du XVIIe siècle, de 3,40 m de hauteur, en bois sculpté de femmes et de faunes entourés de fleurs et de volutes par l’artiste anversois Artus Quellinus, estimées 10 000 euros chacune ; un insolite guéridon du XIXe siècle en pommes de pin, noyaux d’abricot, noyaux de pêche, demi-branches et morceaux d’écorce, estimé 6 000 euros ; ou encore un important coffre à avoine en bois sculpté du XVIIe siècle qui pourrait aujourd’hui faire office de coffre à bûches, estimé 4 000 euros.

Vert pomme ou peau  de zèbre
Pour les sièges, la designer est intervenue directement sur les assises en les recouvrant de tissus vert pomme ou peau de zèbre, au goût du jour dans la décoration. Certains meubles anciens s’inscrivent eux-mêmes dans l’art contemporain, à l’instar d’un meuble rustique de cuisine à deux corps en bois qui n’est pas sans rappeler l’Arte povera, ou un étonnant petit dressoir en bois sculpté calciné qui fait penser au travail du designer Martin Baas, estimés respectivement 1  200 et 1 500 euros. « Les estimations sont raisonnables », assure Grégoire Debuire, responsable de la vente. En plus des efforts réalisés pour rendre l’art ancien plus attrayant, l’attractivité des prix reste fondamentale pour le succès d’une telle vente.

VENTE PAUL DE GRANDE, vente le 27 septembre à la galerie Paul De Grande, Vlamingveld 6, 8490 Jabbeke, Belgique, Pierre Bergé et associés, tél. 01 42 99 20 20/ ?32 2 504 80 30, www.pba-auctions.com. Exposition publique à la galerie Paul De Grande les 24 et 25 septembre 11h-19h, le 26 septembre 10h-18h et le 27 septembre 10h-13h.

VENTE PAUL DE GRANDE
Experts: Grégoire Debuire et Harold Lombard
Estimation: 1,3 million d’euros
Nombre de lots : 499

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°309 du 18 septembre 2009, avec le titre suivant : Une vision contemporaine

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