Dimanche 16 décembre 2018

Bijoux et montres

Une saison moins brillante

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 9 juillet 2009 - 668 mots

Les beaux diamants sont absents des ventes monégasques.

MONACO - À l’heure estivale, les maisons de ventes parisiennes Artcurial et Tajan s’installent sur  le Rocher. Mais l’offre a un peu fondu comme neige au soleil. Un peu plus de 600 lots de bijoux sont présentés chez Artcurial, soit 130 lots de moins que l’an dernier et une baisse de 28 % en valeur. Chez Tajan, le catalogue a été réduit à 570 lots, soit un tiers de moins qu’en 2008, pour une estimation globale ramenée de 9 à 4,5 millions d’euros. Néanmoins, « le secteur du bijou se porte bien. La preuve en est que toutes nos ventes intermédiaires à Paris ont bien marché cette année », indique Chantal Beauvois, l’expert de Tajan. Les grands absents de cet été sont surtout les beaux diamants blancs et de couleurs dont la cote avait progressé de façon fulgurante au cours de ces trois dernières années. « Ils se sont cassé la figure cette année », rapporte Julie Valade, la spécialiste d’Artcurial. Loin d’être des modèles de couleur et de pureté, les gros diamants blancs présentés cette année sont en revanche bon marché. « Nous les proposons tous à la moitié des prix du Rapaport [indice de cotation des diamants] », souligne Chantal Beauvois. Même légèrement teintés, ces gros cailloux pourront faire leur effet au pays du « bling-bling ».

La broche d’Ellena  de Savoie
La vente de bijoux organisée par Tajan n’en reste pas moins intéressante, avec deux collections monégasques, soit une trentaine de pièces ayant appartenu à Louise Van Antwerpen, personnalité très appréciée dans toute la Principauté, ainsi que des parures et demi-parures signées Van Cleef & Arpels. Une troisième collection parisienne comprend des pièces de joaillerie signées datant des années 1970. La vente propose aussi de beaux bijoux anciens tels un collier Art déco à transformation signé Cartier (vers 1927), estimé 120 000 euros, et un collier à cinq rangs de perles de culture, estimé 50 000 euros et dont le motif central, une broche ornée d’un important saphir entouré de diamants (vers 1910), a appartenu à la reine Ellena de Savoie. Signalons encore une grande broche en platine et or jaune monogrammée « F.L. » qui fait partie des rares bijoux réalisés par Fernand Léger. Estimée 10 000 euros, cette broche fut offerte au grand-père de son actuel propriétaire par Nadia Léger.
Parmi les lots phares offerts chez Artcurial, notons : une importante parure de diamants taillés en cœur comprenant un collier, une bague et une paire de pendants d’oreille assortis, estimée 200 000 euros ; un collier égyptisant de René Boivin (vers 1939), en or jaune coupé de scarabées en chute sculptés en amazonite, estimé 60 000 euros, ou encore un incroyable chapelet musulman en or gris et perles d’or pavées de saphirs, estimé 90 000 euros. Chacune des 99 perles porte un des noms d’Allah inscrit en diamants.
Les montres complètent la joaillerie. Une vingtaine de montres-bracelets Patek Philippe issues d’une collection parisienne sont à l’honneur chez Artcurial, notamment une montre chronographe à quantième perpétuel (réf. 3970) de 1992 qui n’est plus fabriquée depuis 2004, estimée 50 000 euros, ainsi qu’une rare montre à quantième annuel Patek Philippe/Wempe (vers 2003), estimée 45 000 euros. Chez Tajan, une montre « Royal Oak » à quantième perpétuel (vers 1990) d’Audemars Piguet, pavée de 668 brillants et estimée 90 000 euros, partage la vedette avec la collection Ted Lapidus incluant une montre-bracelet « King Conquistador » par Franck Muller, en or rose pavée de diamants, estimée 40 000 euros.

ARTCURIAL/BIJOUX

Experts : Julie Valade et Thierry Stetten
Estimation : 4,8 millions euros
Nombre de lots : 620

ARTCURIAL/ HORLOGERIE

Expert : Romain Réa
Estimation : 1,4 million d’euros
Nombre de lots : 290

TAJAN/BIJOUX ET MONTRES

Experts : Chantal Beauvois (bijoux) et Géraldine Richard (montres)
Estimation : 4,5 millions 600 000 euros
Nombre de lots : 570 110

TAJAN/TED LAPIDUS

Experts : Géraldine Richard (montres) et André Mora (stylos)
Estimation : 400 000 euros
Nombre de lots : 50

IMPORTANTS BIJOUX, vente les 27 et 28 juillet à l’hôtel Hermitage, Square Beaumarchais, Monte-Carlo, Principauté de Monaco, Artcurial, tél. 01 42 99 20 20/ 377 98 06 49 61, www.artcurial.com

HORLOGERIE DE COLLECTION, vente le 28 juillet à l’hôtel Hermitage, Artcurial

IMPORTANTS BIJOUX ET MONTRES DE COLLECTION, vente les 28 et 29 juillet au salon Bellevue du Café de Paris, place du Casino, Monte-Carlo, Principauté de Monaco, SVV Tajan, tél. 01 53 30 30 30/ 377 97 70 96 00, www.tajan.com

COLLECTION TED LAPIDUS, vente le 28 juillet au salon Bellevue du Café de Paris, SVV Tajan

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°307 du 10 juillet 2009, avec le titre suivant : Une saison moins brillante

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