Fiac off

Une (off)re particulièrement faible

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 15 octobre 2014 - 665 mots

À l’exception d’Art Élysées qui a su consolider son positionnement, les foires satellites rescapées souffrent d’un manque d’identité et restent confidentielles.

La Fiac est sans conteste parvenue à s’imposer comme l’un des piliers du calendrier international du marché de l’art. C’est dans l’optique de profiter de l’afflux de collectionneurs présents à ce moment-là dans la capitale que différentes foires « off » se sont multipliées ces dernières années, preuve s’il en fallait du rayonnement de la Fiac. Reste pour chacune à proposer une offre de qualité, tout en se forgeant un positionnement clair et en s’inscrivant dans la durée. Un défi de taille, et loin d’être relevé : ces manifestations sont d’une qualité inégale, leur identité parfois bien floue, et le paysage est en constant mouvement. Annulations, alliances ratées, changements de nom, nouveaux concepts, déménagements sont à nouveau d’actualité en 2014, symptômes d’un milieu de l’art français souvent plus enclin à se concurrencer qu’à se fédérer. L’annonce surprise avant l’été du lancement par la Fiac d’« (Off)icielle », a achevé de déstabiliser l’ensemble en lui faisant perdre certaines de ses meilleures recrues.

Comment se compose alors le paysage « off » cette année ? Art Élysées retrouve les Champs-Élysées pour sa 8e édition : près de 70 galeries s’y réunissent, autour de l’art moderne et contemporain – dans leur version la plus classique – mais aussi du design historique de l’après-guerre. En grande majorité français, les marchands comptent dans leurs rangs Cyrille de Gunzburg, AD Galerie ou Baudoin Lebon. Le taux de renouvellement est cependant important, de près de 30 % (notons cette année le départ de Berthet Aittouarès). Une exposition de Carlos Cruz-Diez, figure de l’art optique, propose également au visiteur d’expérimenter la « chromosaturation ».

Créé en 2011 à New York en marge de l’Armory Show, le mini- « Salon » organisé par la galerie Zürcher remet le couvert avec sa formule intimiste. Sept jeunes galeries américaines (Asya Geisberg ou Garis & Hahn) et une canadienne sont réunies dans les espaces de la galerie Zürcher sise rue Chapon, surfaces augmentées cette année de celles de sa voisine ALB.

D’autres foires modifient leur concept. Recentré au Carreau du Temple, après une dispersion des lieux peu commode l’an passé, Young International Artists (YIA) a modulé sa formule avec l’arrivée d’(Off)icielle. « Plus il y a d’initiatives, plus c’est bénéfique pour le marché. Mais pour nous, c’est tout de même une offensive, d’autant que nous étions en discussion avec la Fiac pour le rachat du YIA depuis plusieurs mois », explique son fondateur, Romain Tichit. Le YIA réunit à nouveau quelques fidèles, d’Alain Gutharc à Bertrand Grimont, et étend son programme hors les murs au sein du Marais : Archives nationales, Crédit municipal de Paris, cathédrale Sainte-Croix des Arméniens…

« Variation » autour du numérique
Show Off abandonne son nom pour celui de « Variation », confirmant le changement de cap pris voilà deux ans. Auparavant exclusivement tournée vers les solo shows, la manifestation organisée à l’Espace des Blancs-Manteaux se concentre sur la création contemporaine numérique. Quarante artistes s’y côtoient, des pionniers tels Maurice Benayoun ou Orlan aux artistes émergents.
De son côté, Cutlog a annulé courant septembre son édition 2014, invoquant « la nouvelle configuration de ce marché, le tournant opéré par la Fiac et le peu d’espaces potentiellement exploitables pour [ses] activités », selon les termes de son directeur, Bruno Hadjadj. Slick a quant à elle raté le virage qu’elle comptait prendre sous la dénomination « Attitude ». L’événement avait annoncé sa collaboration avec Claire Durand-Ruel pour le lancement d’une foire sur un modèle différent, fondé sur « la convivialité et l’échange ». Las, faute de réussir à imposer le changement, la collectionneuse a jeté l’éponge un mois avant la date d’ouverture prévue, emportant avec elle plusieurs galeries (notamment Polaris) et la critique d’art et curatrice Léa Bismuth. « Slick-Attitude » se tiendra néanmoins sous le pont Alexandre-III, avec une trentaine de galeries parmi lesquelles Oniris (Rennes), Laure Roynette (Paris) ou Claire Gastaud (Clermont-Ferrand).

Art Élysées et Design élysées, du 23 au 27 octobre, av. des Champs-Élysées, 75008 Paris, du jeudi 23 au dimanche 26 11h-20h, lundi 27 jusqu’à 18h. Direction : Isabelle Keit-Parinaud, env. 70 galeries, www.artelysees.fr
Salon Zürcher, du 21 au 26 octobre, Galerie Zürcher, 56, rue Chapon, et Galerie ALB, 47, rue Chapon, 75003 Paris, mardi 21, vendredi 24 et samedi 25 12h-20h, mercredi 22 sur rendez-vous, jeudi 23 jusqu’à 22h. Direction : Gwenolée et Bernard Zürcher, 8 galeries, www.galeriezurcher.com
Slick-Attitude, du 22 au 26 octobre, pont Alexandre-III, port des Champs-Élysées, 75008 Paris, du mercredi 22 au dimanche 26 10h-20h, mercredi jusqu’à 22h. Direction : Johan Tamer-Morael et Aude de Bourbon Parme, 27 galeries, www.artattitude.fr
Variation. Média Art Fair, du 21 au 26 octobre, Espace des Blancs-Manteaux, 48, rue Vieille-du-Temple, 75004 Paris, tlj 10h-20h. Direction artistique : Dominique Moulon, env. 40 artistes, www.variationparis.com
Young International Artists, du 24 au 26 octobre, Carreau du Temple, 2, rue Eugène-Spuller, 75003 Paris, tlj 10h-20h. Direction : Romain Tichit, 65 galeries, www.yia-artfair.com

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°421 du 17 octobre 2014, avec le titre suivant : Une (off)re particulièrement faible

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