Dimanche 25 février 2018

Une Fiac new look

Sursaut pour la 23ème édition

Le Journal des Arts

Le 26 novembre 2009

Organisée sous l’égide de la nouvelle Association des foires internationales d’art contemporain, la Fiac s’a­grandit et devient, avec 142 galeries dont 75 étrangères, plus internationale. La photographie y fait une entrée en force, les one man shows s’annoncent particulièrement nombreux, et les organisateurs promettent une foire \"forte d’une nouvelle énergie.\"

PARIS - C’est dans un Espace Eiffel-Branly dont les mornes étendues de toile blanche auront été camouflées par une quarantaine d’arbres, égayées par 18 drapeaux, et placées sous la surveillance de quatre mannequins grandeur nature de gardes républicains empruntés à la Caisse des dépôts et consignations, qu’aura lieu cette année la Fiac, du 2 au 7 octobre.

Réorganisée en profondeur après une édition 1995 particulièrement triste et tiède, la 23e Fiac sera la première à se tenir sous l’égide de la toute nouvelle Association des foires internationales d’art contemporain (Icafa), qui comprend également les salons Arco de Madrid, Bâle, Chicago et Cologne. La foire parisienne regroupera 142 galeries, dont pas moins de 75 venues de l’étranger, contre 121 participants (et 58 étrangers) l’an dernier. Trente "jeunes" galeries, en majorité françaises et ayant moins de sept ans d’activité – parmi lesquelles Jennifer Flay, Georges-Philippe Vallois, Yvonamor Palix, la galerie Polaris –, sélectionnées par un comité spécial, présenteront des artistes relativement peu connus. Plus exigeant sur la qualité des œuvres exposées, le Cofiac a demandé cette année à chaque marchand un programme qu’il sera tenu de respecter.

Parmi les exposants d’envergure internationale qui re­viennent à la Fiac figurent la galerie suisse Bischof­berger, les Améri­cains Tony Shafrazi et Marian Goodman, ainsi que Micheline Szwajcer, de Belgique, Jean Bernier, de Grèce, Nachst St. Ste­phan, d’Autriche, et la galerie allemande Tho­mas.

André Emmerich refusé
Mais, en vertu d’un article de la char­te de l’Icafa, la candidature du New-Yor­kais André Em­me­rich a été refusée en raison de son association avec Sotheby’s, annoncée en juin. Pays invité d’honneur et grand investisseur dans l’art contemporain, la Corée sera représentée par 15 galeries. Métaphore, une sculpture monumentale de l’artiste coréen Moon-Seup Shim (dont on trouvera d’autres œuvres sur le stand de la galerie J. Rabouan-Moussion), sera exposée à l’entrée de la foire. En collaboration avec l’AFAA (Asso­ciation française d’action artistique, ministère des Affaires étrangères), un espace spécial a été réservé à l’accueil des conservateurs, des représentants de fondations culturelles et du ministère coréen de la Culture.

Des conservateurs généreusement invités
Outre les galeries coréennes, on comptera dix autres nouveaux participants, parmi lesquels The Mayor Gallery, de Londres, qui exposera des œuvres d’une vingtaine d’artistes surréalistes, l’Américain Sperone Westwater et le Belge Rodolphe Janssen.

Sur les 100 000 visiteurs attendus à la Fiac, seul un nombre restreint aura une réelle influence sur sa réussite commerciale. Un traitement de faveur a donc été réservé à quelque deux cents collec­tion­neurs ; cinquante d’entre eux bénéficieront même d’un service gratuit de taxis pour tous leurs déplacements dans Paris. Il sera proposé à tous ces VIP des visites privées d’expositions – Francis Bacon au Centre Pompi­dou, Alexander Calder au Musée d’art moderne de la Ville de Paris... –, une carte donnant libre ac­cès aux trente-quatre musées natio­naux, ainsi que des réceptions à l’Élysée et à l’ambassade de Corée. Deux nuits d’hôtel seront offertes à une vingtaine de nouveaux collectionneurs, tandis que vingt conservateurs d’art contemporain d’institutions telles que la Fundació La Caixa à Barcelone, le Guggen­heim Museum et le MoMA à New York, verront leurs frais de voyage et d’hébergement entièrement pris en charge.

La photographie fait une entrée en force à la Fiac, le travail d’une trentaine d’artistes étant présenté sur quinze stands : Éric Poitevin à la galerie Jean Bernier, le sculpteur et vidéaste Gary Hill à la galerie des Archives. Jean-Marc Bustamante sera chez Ghislaine Hussenot et Hannah Collins chez Laage-Salomon. Baudoin Lebon organise une exposition des <i>Fleurs</i> de Robert Mapple­thorpe, après avoir montré ses autoportraits en avril.

De nombreux autres exposants ont choisi de monter des <i>one man shows</i>. La galerie Lahumière, par exemple, rend hommage à Victor Vasarely avec des œuvres datant de 1950 à 1974. Patricia Dorfmann présente les dernières variations de la série des <i>Nymphéas</i> de Louis Cane. Les galeries Louis Carré et Marwan Hoss se sont concertées pour or­ga­ni­ser une grande rétrospective des reliefs d’Hervé Télémaque. On pourra également voir une exposition de Ben Nicholson à la Bernard Jacobson Gallery, tandis que les galeries Eva Menzio et Montenay-Giroux proposeront des œuvres de Giulio Paolini et de Jean-Pierre Pin­cemin. Le prix d’entrée (60 francs) reste inchangé ; plus petit et plus maniable, le catalogue sera vendu 100 francs, au lieu de 200 l’an dernier.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°29 du 1 octobre 1996, avec le titre suivant : Une Fiac new look

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