Antiquités

Une Brafa en perpétuel renouvellement

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 15 janvier 2014 - 709 mots

Si la foire bruxelloise se veut éclectique, avec une vingtaine de spécialités présentées, elle mise sur les disciplines qui ont le vent en poupe, comme l’art tribal ou l’art moderne.

BRUXELLES - Tout est mis en œuvre pour que l’édition 2014 de la Brafa, programmée du 25 janvier au 2 février, reste dans les annales. Elle arbore d’abord un nouvel emblème, puisque l’Homme au chaperon bleu, de Van Eyck, est remplacé par le seul lettrage « Brafa », pour « Brussels Art Fair », plus actuel et plus neutre. Et, si 48 000 visiteurs ont foulé l’an passé le sol du prestigieux site de Tour & Taxis, les organisateurs de cette 59e édition font le pari de dépasser le cap des 50 000. Quelque 131 stands, répartis entre 51 galeries belges et 80 étrangères (47 françaises), accueilleront vingt nouvelles enseignes, tels le Parisien Pierre Segoura et le Lyonnais Michel Descours.

La Brafa se veut « une foire au goût du jour, qui mélange les styles », comme l’annonce Didier Claes, vice-président de la manifestation (lire ci-dessous). Et pour coller à cette étiquette, l’éclectisme est de mise, même si les domaines qui recueillent le plus les faveurs du public sont mis en avant : « Brafa surfe sur la vague ! », lance Didier Claes. Quant au design et à l’art contemporain, ils restent encore anecdotiques.

La foire est incontournable pour les arts premiers, qui bénéficient cette année de la présence du Musée royal de l’Afrique centrale de Tervuren, invité d’honneur. Selon Didier Claes, le pôle de marchands d’art tribal, très bien représenté avec huit galeries, y « est le plus important au monde », parmi les foires internationales. Le marchand bruxellois montre sur son stand une statue Songye, un grand fétiche du Congo. Les collectionneurs s’arrachent ce genre de pièce ; celle-ci est déjà vendue ! Son confrère Yann Ferrandin (Paris) présente un masque Punu Lumbo, du Gabon (XIXe s.), tandis que Bernard Dulon (Paris) montre une statue Tshibinda Ilunga, peuple Tschokwe (Angola), provenant de la collection Charles Ratton.

Place de choix pour le XXe
L’autre point fort de la foire, l’archéologie, ne compte pas moins de dix exposants, avec des galeries de qualité, comme la galerie Phoenix (Genève et New York), qui expose un buste de l’impératrice Sabine, travail romain, Ier siècle après J.-C., ainsi que trois galeries parisiennes : Cybele, David Ghezelbash et Chenel. Cette dernière montre une Vénus pudique au dauphin en marbre, Rome (Ier siècle av.-Ier siècle apr. J.-C.).

L’art du XXe siècle bénéficie également d’une place de choix, particulièrement les tableaux. La galerie Harold t’Kint de Roodenbeke (Bruxelles) présente Le Miroir invisible (1942), de René Magritte ; Lux Art Consulting (Luxembourg) expose La Belle Esclave, de Jacques Majorelle, provenant de la famille royale du Maroc ; Agnès Aittouarès (galerie AB, Paris) présente Nu au tub (1925),  de Jean Fautrier, alors que la galerie Taménaga (Paris, Tokyo et Osaka) expose Maternité (1946), une aquarelle de Marc Chagall. La Galerie des Modernes (Paris) propose un rare ensemble de dessins d’Andy Warhol, regroupés autour des thèmes de la mode, des portraits d’amis et du corps masculin, dont une Tête d’homme (1954) au stylo-bille, une façon de redécouvrir l’œuvre dessiné de l’artiste pop.

Côté mobilier et arts décoratifs du XXe, Willy Huybrechts (Paris), nouveau venu, propose plusieurs pièces d’Eugène Printz, tel un meuble d’appui en sycomore. Il sera accompagné dans cette spécialité par la Galerie Marcilhac (Paris), qui expose la commode modèle « Rasson » d’Émile Jacques Ruhlmann, et par la galerie Mathivet (Paris).

Quant au mobilier ancien, il est porté par les galeries Alain Berger (Beaune), Delvaille (Paris), Jean-Baptiste Fabre (Genève), Steinitz (Paris) et Theunissen & de Ghellinck (Bruxelles). La section Haute Époque n’est pas en reste avec le marchand londonien Mullany et De Backker Medieval art (Hoogstraten, Belgique).

Enfin, les organisateurs tentent de renforcer la section des maîtres anciens, fortement concurrencée par Tefaf et Paris Tableau. On peut admirer entre autres le Paiement de la dîme (1626) de Pieter Breughel le Jeune chez Kunstberatung (Zurich), Paysage montagneux avec des voyageurs et un troupeau de vaches, de Joos de Momper, et Jan Brueghel l’Ancien, exposé par Costermans (Bruxelles). Florence de Voldère (Paris) accroche plusieurs natures mortes des XVIe et XVIIe siècles des écoles du Nord, tandis que Michel Descours expose La Scène de musique, réalisée à Rome en 1819 par le peintre belge François-Joseph Navez.

Brafa

Du 25 janvier au 2 février, Tour & Taxis, avenue du Port 86c, Bruxelles, tlj 11h-19h, www.brafa.be

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°405 du 17 janvier 2014, avec le titre suivant : Une Brafa en perpétuel renouvellement

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