Un salon plus international

Davantage de visiteurs étrangers au Salon d’art tribal

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 6 octobre 2000 - 547 mots

Organisé du 15 au 19 septembre, le troisième Salon d’art tribal ne pouvait que profiter d’un contexte favorable quelques mois après l’entrée au Louvre des arts premiers, sur un marché très soutenu accompagné de fortes enchères. Le salon semble avoir attiré une clientèle plus internationale que lors des précédentes éditions. La qualité moyenne des pièces est en hausse comme le niveau des prix.

PARIS - De nouveaux exposants qui figurent parmi les meilleurs de la spécialité comme la galerie Ratton-Hourdé (Paris), John Giltsoff et Arte y Ritual (Madrid), des objets de plus grande qualité que lors des deux précédentes éditions, d’avantage de visiteurs étrangers : le Salon international d’art tribal se bonifie avec les années. On y trouve des pièces importantes même si les chefs-d’œuvre du niveau du masque Punu du sud Gabon, en bois de fromager, vendu 1 million de francs à Paris au printemps, font figure d’exception. La galerie Ratton-Hourdé présentait un tam-tam Lobala de République centrafricaine (200 000 francs) et une statuette assise Teke du Congo ; Pierre Dartevelle et David Henrion (Bruxelles), un siège du Congo figurant une femme soutenant à bout de bras un plateau (200 000 francs) et un impressionnant poteau funéraire Gato d’Éthiopie (100 000 francs) ; la galerie Dulon, une châsse de dignitaire Rambao Sulawesi représentant un buffle de près de 2,50 mètres de longueur (500 000 francs). Si la fréquentation fut stable (environ 10 000 visiteurs), elle semble avoir été moins soutenue durant le vernissage, qui se tenait le lendemain de celui de la Biennale des Antiquaires. Le salon a, néanmoins, profité les jours suivants des retombées du grand show du Carrousel du Louvre qui a permis de drainer un plus grand nombre de clients américains et européens vers les ors de l’hôtel Dassault. L’entrée des arts premiers au Louvre a, elle aussi, sans nul doute, attiré un public de curieux dans le bataillon duquel se recruteront les futurs collectionneurs. Ils ont pu se rendre compte que beaucoup de pièces demeurent encore très accessibles comme le bouclier du Zaïre (25 000 francs) et les poupées Kachina (à partir de 15-20 000 francs) présentés par Édith et Roland Flak. La plupart des objets vendus sont partis entre 20 000 et 100 000 francs. La galerie Valluet-Ferrandin a connu un grand succès avec ses arc des îles Andanan proposés entre 18 000 et 35 000 francs. Ses massues polynésiennes (8 000-15 000 francs), se sont, en revanche, moins bien vendues.  Le niveau d’affaires semble avoir été très variable suivant les galeries. Philippe Ratton ne cachait pas sa satisfaction . “Le bilan financier est excellent. Le salon fut pour nous une réussite. Il nous a permis de rencontrer de nouveaux clients étrangers.” Bernard de Grunne était, quant à lui, plus réservé. “C’est un bon salon, bien situé et bien organisé, qui devrait s’imposer sur la durée. Les transactions réalisées nous ont permis de couvrir nos frais et de dégager un petit bénéfice.” Ana et Antonio Casanovas (Arte y Ritual) qui vendaient des pièces à des prix élevés (200 000 francs pour une pagaye des îles Salomon, 60 000 francs pour un bouclier de Nouvelle-Guinée) voyaient plus le salon comme une occasion d’accroître leur notoriété. Comme d’autres exposants, il espèrent que de nouvelles galeries de premier plan les rejoindront dès l’an prochain.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°112 du 6 octobre 2000, avec le titre suivant : Un salon plus international

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