Mercredi 12 décembre 2018

Artcurial

Un Russe à Paris

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 18 février 2005 - 506 mots

La collection Dimitri Snegaroff recèle quelques trésors de livres illustrés et plusieurs peintures des années 1910 à 1950 d’artistes d’origine russe.

 PARIS - Sous le marteau d’Artcurial sera dispersé le 22 février un ensemble de toiles, dessins et livres illustrés de la collection Dimitri Snegaroff, lequel est décédé en automne dernier. Dimitri Snegaroff quitte sa Biélorussie natale en 1907 à l’âge de 22 ans pour rejoindre une petite communauté russe établie à Paris. Il travaille comme ouvrier typographe à l’imprimerie Union qui voue une partie de son activité à la presse révolutionnaire sous l’autorité de Lénine. À partir de 1918, le jeune émigré slave, qui a pris la tête de l’imprimerie, se consacre à la publication de revues artistiques, livres d’art, affiches et catalogues d’exposition. Simultanément, il se constitue une collection d’œuvres de peintres d’origine russe à partir de cadeaux mais aussi d’achats personnels. Issue de ce trésor, la soixantaine de lots livrée au marché  n’intéressera pas seulement une clientèle russe. Les amateurs de livres illustrés apprécieront plusieurs ouvrages rares sur le marché tel Ledentu le phare (1923), poème dramatique visuel animé de caractères typographiques russes de l’artiste avant-gardiste Iliazd, estimé 4 000 euros. Parmi les quelques lots illustrés par Picasso, l’ouvrage Chevaux de minuit (1956), enrichi de 12 gravures au burin et estimé 15 000-20 000 euros, se trouve être l’un des 16 exemplaires imprimés sur papier de Chine satiné. Les dessins, lithographies et gravures de Salvator Dalí, Max Ernst, Jean Fautrier, Francis Picabia, Maurice Vlaminck, Fernand Léger, Otto Wols ou encore Victor Brauner figurent au programme de cette précieuse petite bibliothèque.

Une vingtaine de Survage
Du côté des tableaux, notons une petite gouache surréaliste d’Yves Tanguy datée de 1933, dédicacée à Dimitri Snegaroff et estimée 40 000 euros ; Néoménie, une huile sur toile de 1950 signée Victor Brauner, estimée 50 000 euros et quatre compositions cubistes des années 1920 de Serge Férat et Jean Pougny à saisir pour environ 10 000 euros chacune. La vente est avant tout dominée par une vingtaine d’œuvres s’étalant sur une trentaine d’années de création du peintre d’origine russe Léopold Survage. Le Pont, une composition cubisante sur le thème de l’homme dans la ville peinte vers 1917, est estimé 25 000 euros ; Nature morte à la poire, une composition abstraite cubiste de 1920, 35 000 euros ; Départ pour la pêche (1926), un grand format, 40 000 euros ; La Marchande de poissons (1932), aux grands aplats de couleurs beige, ocre et brune, 30 000 euros. Des compositions très colorées de 1941-1942 sont proposées dans une fourchette de prix allant de 6 000 à 15 000 euros. Enfin, la vacation compte quelques pièces d’artistes russes quasi-inconnus chez nous mais recherchés du marché russe tel Boris Grigoriev, dont une Rue de village peinte vers 1911 est estimée 30 000 euros en connaissance de cause.

ANCIENNE COLLECTION DIMITRI SNEGAROFF

Vente le 22 février à 14 heures, Artcurial, hôtel Dassault, 7, rond-point des Champs-Élysées, 75008 Paris, tél. 01 42 99 20 02 ; exposition : du 18 au 21 février, 11h-19h, www.artcurial.auction.fr

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°209 du 18 février 2005, avec le titre suivant : Un Russe à Paris

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