Mercredi 12 décembre 2018

Genève

Un printemps plus optimiste que prévu

Un diamant de 100 carats chez Sotheby’s

Le Journal des Arts

Le 1 mai 1995 - 419 mots

Les ventes de peintures suisses ont été l’apanage de Sotheby’s pendant des années. Christie’s commence à rattraper son retard, comme l’a montré la vente du 10 avril, dotée d’un bon catalogue et suivie de résultats honorables.

GENÈVE (de notre correspondant) - Le total de la vente, le meilleur obtenu par Christie’s jusqu’à présent, a atteint 3 862 000 francs suisses (16 336 400 francs), avec 73 % des lots vendus. Le fait le plus saillant a été la démonstration, une fois de plus, que le chef-d’œuvre d’un artiste mineur se vend de nos jours beaucoup mieux qu’une toile banale d’un artiste célèbre. Une très belle huile de Bieler, artiste peu connu du début du siècle, s’est vendue pour plus de deux fois son estimation à plus de 430 000 francs suisses (1 818 900 francs).

Un record a été atteint par un paysage de Giovanni Giacometti, père d’Alberto, à 464 700 francs suisses (1 965 700 francs). Le Musée d’art et d’histoire de Genève s’est porté acquéreur de deux œuvres : un portrait de Liotard (137 000 francs suisses, soit 579 500 francs) et un paysage de Vallotton (112 400 francs suisses, soit 475 450 francs). Ces deux achats ont été rendus possibles grâce à une subvention de la Fondation Gottfried Keller, un organisme public qui a pour mission d’aider les musées suisses à enrichir leurs collections.

Le 18 mai, Christie’s proposera la cassette de bijoux de Vera Hue-Williams. La vie de cette aristocrate russe est un roman typique de son époque : elle s’enfuit de Russie avec quelques bijoux cousus dans sa robe, et en quelques années, après quelques riches mariages, devient l’une des reines de la coffee-society des années trente. On trouvera, comme il se doit, des parures complètes en rubis, émeraudes ou saphirs, pour une valeur globale de plus de six millions de francs suisses.

La veille, Sotheby’s mettra en vente un diamant de 100,1 carats, pur et de couleur D, c’est-à-dire de la meilleure qualité. C’est le troisième diamant de plus de cent carats vendu chez Sotheby’s depuis cinq ans. À titre de comparaison, le fameux Koh-i-noor pèse 108 carats. Mais en dehors de la publicité qu’apportent à la maison de vente ces très grandes pierres, elles ne sont pas très lucratives, les commissions étant dans ce cas extrêmement réduites. Il est de notoriété publique que, très souvent, la commission de l’acheteur est sacrifiée pour atteindre le prix de réserve : de quoi relancer le débat, après l’établissement par Christie’s d’un nouveau barème de commissions.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°14 du 1 mai 1995, avec le titre suivant : Un printemps plus optimiste que prévu

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