Vendredi 13 décembre 2019

Un pharmacien amateur

Vente de la collection Louis Lafond de faïences d’apothicaires

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 31 mai 2002 - 507 mots

Un exceptionnel ensemble de faïences pharmaceutiques, la collection Louis Lafond, est mis à l’encan le 4 juin à l’hôtel Dassault sous le marteau de Francis Briest.

PARIS - Louis Lafond, pharmacien de son état, collectionna les pots de pharmacie toute sa vie. Sa passion le conduisit à acheter des faïences à Drouot de 1925 à 1949. Plus de cinquante ans après sa mort, ses héritiers remettent sur marché une collection extraordinaire de 300 lots chez Arcurial-Briest le 4 juin. La collection réunit des pièces de fabrications française et italienne : tous les centres de productions sont représentés. Mais les faïences italiennes restent les plus prisées, le marché étant davantage international. Parmi les pièces maîtresses de la vente, deux albarello de forme cintrée, issus des faïenceries de Faenza ou de Pesaro, dont le décor polychrome de style gothico-floral, “à la feuille d’iris” pour l’un et “à la plume de paon” pour l’autre, entoure les écriteaux portant des inscriptions Citra Condita (citrons confits) et Meloni Conditi (melons confits), sont datés de la fin du XVe siècle. “Ils sont exceptionnellement grands, 37 cm de haut, et en bon état”, précise Robert Montagut, l’expert de la vacation qui en attend pour le moins 46 000 euros. Une rare urne sur piédouche de Castelli de 22 cm à anses torsadées du XVIe siècle, à décor polychrome d’un buste masculin, et qui, d’après les inscriptions abrégées, devait conserver de l’emplâtre de baies de laurier, est proposée à 30 000 euros. D’un genre plus classique, deux jolis vases boules vénitiens du XVIe siècle, “deux beaux grands spécimens en bel état d’une production connue et typée”, sont annoncés à 12 000 euros l’unité.

Productions de France
La faïence française du XVIIIe siècle de Moustiers est représentée notamment par des pots canon d’une série unique à décor polychrome à la fleur de solanée, estimés entre 4 500 et 9 000 euros la paire. Des pots de forme chevrette du midi de la France, datés du XVIIIe siècle, avec des couvercles et anses modelés en forme de buste d’enfant, de cygne, de lion et de souris dans une branche de citronnier, à l’exemple d’un modèle similaire conservé au Musée de Sèvres, sont à saisir autour de 4 500 euros. Une paire de chevrettes couvertes, fabriquée à Nevers au milieu du XVIIe siècle et estimée 12 000 à 18 000 euros, montre en blanc sur fond bleu cobalt un décor “persan” de bouquets de fleurs et d’oiseaux. Une autre pièce nivernaise, une bouteille pour l’eau de bétoine estimée 6 000 euros, présente de face un décor polychrome “à la palette” aux armes et symbole de l’ordre des Dominicains et au dos, un paysage “chinois”. De Rouen, des faïences du XVIIIe siècle de diverses formes au décor “aux cinq couleurs” sont proposées par paire entre 2 800 et 4 500 euros. Dans cette fourchette de prix, des pots à onguent en porcelaine tendre de Chantilly – du début de cette production, vers 1740, à décor polychrome “kakeimon” (c’est-à-dire coréen), sont un autre exemple de la diversité de cette collection.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°150 du 31 mai 2002, avec le titre suivant : Un pharmacien amateur

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