Un Monopoly pour l’art

Art Business et Collection réunit tous les acteurs du marché

Le Journal des Arts

Le 16 janvier 1998

Olivier Delvaille a repris, en 1995, les rênes de la galerie du 15 rue de Beaune, ouverte par sa mère en 1947. Associé à un ami sociologue, Jean-François Desbordes, ce jeune marchand a mis à profit ses moments de loisirs pour concevoir un jeu de société sur le commerce de l’art, « Art Business et Collection », qui donne l’occasion à chacun des protagonistes de jouer tantôt le rôle d’un antiquaire, tantôt celui d’un commissaire-priseur, dans le but de devenir conservateur de musée. Pour commercialiser ce jeu éducatif, qui permet à chacun d’apprendre sans s’en rendre compte, les deux concepteurs cherchent aujourd’hui un diffuseur.

PARIS - Selon Olivier Delvaille, “Art Business et Collection présente l’avantage d’être facile d’accès et de faire la promotion des collections des musées nationaux”. À partir de noms d’artistes ou de thèmes picturaux, chaque joueur doit en effet rassembler, “comme un conservateur”, des œuvres dans le but de constituer quatre collections qu’il présentera dans son propre musée.

Conservés au Musée d’Orsay, les cent vingt-six tableaux, réalisés par vingt et un peintres, sont répartis en neuf thèmes : portraits masculins ou féminins, nus, paysages fluviaux, scènes d’extérieur, marines, natures mortes, scènes de genre, histoires religieuses et allégories. “Permettre le regroupement des œuvres à partir du thème ou du nom de l’artiste est très fédérateur”, souligne le jeune antiquaire. Car néophytes ou érudits, les joueurs sont tout à fait capables de réunir des tableaux en vue d’organiser les quatre expositions exigées. Autre avantage : chacun peut apprendre tout en jouant. Les caractéristiques de l’œuvre étant mentionnées sous chacune des reproductions, chaque joueur peut donc savoir qui a réalisé le tableau, à quelle date, quelles en sont les dimensions et l’éventuel mouvement artistique auquel appartenait son auteur.

Inspiré des “Sept familles”, ce jeu rappelle également le “Monopoly” puisque, pendant la partie, chaque joueur peut compléter les quatre œuvres qui lui ont été données au départ en achetant, avec ses euros, les tableaux présentés – le but étant d’exposer le plus rapidement les œuvres acquises pour éviter d’avoir à régler des frais de stockage. Quarante cartes, dites “de marché”, viennent ponctuer la partie d’expertises permettant d’acheter à bas prix, de donations ou de ventes aux en­chères, sans oublier les quelques contrôles fiscaux et autres pots de vin “sensés faire plus vrai”.

Après deux bonnes années de maturation, l’idée des deux inventeurs a pris forme. Il ne leur reste plus qu’à franchir l’ultime étape : celle de la commercialisation. “Nous nous sommes adressés à des éditeurs américains qui semblent très intéressés”, précise Olivier Delvaille. De son côté, la responsable des produits dérivés à la Réunion des musées nationaux, Delphine Caloni, trouve “l’idée intéressante mais attend de l’avoir testée pour se prononcer”. La Boucle d’argent reçue en 1997 lors du concours des créateurs de jeux et le Dé d’or 1998 de la Fédération française du jeu de société vaincront peut-être les dernières hésitations et permettront à cet outil pédagogique original de voir le jour dans l’Hexagone.

Galerie Delvaille, 15 rue de Beaune, 75007 Paris, tél. 01 42 61 23 88.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°52 du 16 janvier 1998, avec le titre suivant : Un Monopoly pour l’art

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