Dimanche 25 février 2018

Un Michel-Ange triomphant ?

Le Journal des Arts

Le 21 mars 2008

Depuis la mort, l’an dernier, de Sir Brinsley Ford, le sort de sa collection préoccupe les musées britanniques et attise la convoitise du marché et des collectionneurs. Mais ses enfants ont décidé de garder la collection intacte. Seul un dessin de Michel-Ange sera mis en vente le 4 juillet chez Christie’s.

NEW YORK (de notre correspondant) - Il s’agit d’un dessin préparatoire exécuté vers 1515 pour le marbre du Christ triomphant de l’église Santa Maria sopra Minerva, à Rome. La partie supérieure du torse du Christ est à peine esquissée à la plume et au lavis bistre, rehaussée de sanguine et de fusain. Michel-Ange a porté une attention particulière aux courbes de la taille, des hanches et aux muscles du ventre qu’il a terminés à la plume. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il existe peu de feuilles de Michel-Ange en relation directe avec des sculptures achevées. Sir Brinsley Ford avait fait l’acquisition de ce dessin lors de la célèbre vente Oppenheimer chez Christie’s, en 1936 (par l’intermédiaire de Colnaghi), pour 3 570 livres sterling. Mais cette acquisition lui a coûté beaucoup plus cher : sa tante, très fortunée et furieuse de cet achat qu’elle considérait comme une extravagance ridicule, l’a déshérité.

Avant d’être mis en vente, le dessin a été proposé par les héritiers Ford au British Museum et aux National Galleries of Scotland, mais aucun accord n’avait pu être trouvé, faute d’une solution fiscale avantageuse. Aujourd’hui, l’estimation basse de Christie’s est de 4,5 millions de livres (48,8 millions de francs). Les deux derniers dessins de Michel-Ange passés en vente ont trouvé preneur à des prix comparables : 4 181 500 livres (45,4 millions de francs) pour Madone à l’Enfant avec saint Jean-Baptiste, une sanguine acquise par le Getty chez Christie’s en 1993, et 7 482 500 dollars (51,1 millions de francs) pour le Christ et la Samaritaine, un fusain vendu par Sotheby’s New York en 1998.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°104 du 28 avril 2000, avec le titre suivant : Un Michel-Ange triomphant ?

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