Un marchand chez Ingres

Maroun Salloum ouvre une deuxième galerie

Le Journal des Arts

Le 1 novembre 1996

Maroun Salloum, dont le stand à la Biennale – un ensemble hétéroclite de neuf objets, dans un décor de Richard Peduzzi – a suscité une petite controverse, s’installe quai Voltaire.

PARIS. Tout en gardant la galerie qu’il occupe rue de Lille depuis 1987, l’antiquaire d’origine libanaise Maroun Salloum fait rénover et décorer, toujours par Richard Peduzzi, l’ancien atelier qu’utilisa Ingres jusqu’à sa mort, en 1867. La nouvelle galerie se trouve au rez-de-chaussée dans la cour du 17bis quai Voltaire (Ingres logeait au 15), sur l’emplacement de la chapelle d’un couvent théatin, et était occupée, jusqu’à récemment, par des bureaux d’architectes. Résidant en France depuis 1974, ancien étudiant des Beaux-arts et des Arts déco, Maroun Salloum s’est fait connaître par ses goûts fort éclectiques, qui vont des objets XVIIIe siècle à l’art oriental et au mobilier de notre siècle.

Voulant créer un espace aussi épuré que possible au 17bis quai Voltaire, Maroun Salloum y a déjà installé, avant même la fin des travaux (qu’il avait espéré voir terminés avant la Biennale), une sélection, très disparate mais de grande qualité, de mobilier du XIXe et du début du XXe siècle. Une table de milieu en chêne de 1907, sculpturale et très sobre, par Gordon Russell de l’École de Glasgow, voisine avec des fauteuils maçonniques anglais, vers 1810 – restés invendus à la Biennale –, une table de l’ébéniste Art déco Paul Follot, provenant de la maison de Jeanne Lanvin au Vésinet, et un canapé réalisé en 1902 par Georges de Feure. Sans oublier un curieux dosseret pliant, en cuir clouté, époque Louis XIII, sur lequel s’appuyait autrefois un aristocrate souffrant, lui permettant ainsi de recevoir dignement, sans quitter son lit. "J’ai des clients, en majorité américains, qui assument leurs goûts, qui ont les moyens d’employer un décorateur, mais préfèrent s’en passer quand il s’agit de choisir des œuvres", nous a indiqué Maroun Salloum.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°30 du 1 novembre 1996, avec le titre suivant : Un marchand chez Ingres

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