Mercredi 12 décembre 2018

Salons

Un Maastricht bis à Bâle

Première édition en 1995

Le Journal des Arts

Le 1 septembre 1994 - 559 mots

Fort du succès grandissant du salon de Maastricht, ses organisateurs, TEFAF (The European Fine Art Foundation), ont pris la décision, en juillet, d’organiser une seconde foire internationale d’art et d’antiquités à Bâle – déjà célèbre comme le lieu du plus grand salon mondial d’art contemporain –, en septembre 1995. Conçu selon la même formule et les mêmes critères de qualité que celui qui a lieu en mars chaque année à Maastricht, le nouveau salon regroupera jusqu’à cent vingt exposants, dont une vingtaine de français, sur quelques douze mille mètres carrés, et s’appellera \"TEFAF Basel\".

BÂLE - Le salon de Maastricht, à titre de comparaison, a accueilli cent cinquante-sept exposants sur dix-huit mille mètres carrés en 1994, la Biennale des antiquaires de 1992, cent quatre-vingts marchands dans treize mille mètres carrés au Grand Palais de Paris.

Une douzaine de marchands français ont déjà écrit au TEFAF pour demander des renseignements sur les conditions et le coût de participation au salon de Bâle, qui compte réunir des antiquaires venus, pour la plupart, de France, d’Italie, de Suisse, d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, des Pays-Bas et d’Espagne. Le comité fera sa sélection d’exposants aux mois d’octobre et novembre.

Selon l’antiquaire néerlandais Clemens Vanderven, l’un des fondateurs de Maastricht, et président du salon de Bâle, il s’agit de créer un salon spécifique au marché local.
"Chaque grand salon a des racines dans sa région", estime-t-il, "si vous cherchez des meubles anglais vous n’irez évidemment pas à la Biennale de Paris, pas plus que vous ne vous attendriez à trouver du mobilier orné de bronzes dorés à Grovesnor House. "

Un type de rencontre stimulant pour le marché
Ce quatrième grand salon international aura, selon Clemens Vanderven, "sa propre identité". Il mettra l’accent sur la peinture italienne, très peu représentée à Maastricht, sur des objets de "Kunsthammer", ainsi que des pièces archéologiques, des bijoux, et du mobilier français, à l’exclusion des meubles hollandais et anglais. L’état de conservation et l’authenticité de chaque objet seront contrôlés de la même façon – très stricte –, qu’à Maastricht, et le salon de Bâle sera, tout comme son prédécesseur, organisé selon des critères non lucratifs.

"Il ne s’agit pas d’agrandir le salon de Maastricht, bien que nous ayons une liste d’attente de quarante marchands qui désirent y participer. Il ne s’agit pas non plus de transférer le salon de Maastricht en Suisse. Or Maastricht ne touche ni le marché suisse ni celui d’Allemagne du sud, et attire relativement peu de Français. Le salon de Bâle est dans les intérêts des marchands de très grande qualité et des amateurs d’art", nous indique Clemens Vanderven.

Cette année, le salon de Maastricht a accueilli plus de 60 000 visiteurs, 50 % de plus qu’en 1993, avec une section d’art moderne et contemporain considérablement ragaillardie, et une proportion croissante d’exposants étrangers – seulement 46 des stands sur 157 étaient tenus par des marchands néerlandais.
Face au défi d’un nouveau salon international, le Syndicat national des antiquaires français fait preuve de sérénité.

"Il ne faut pas opposer ces événements, en se demandant si l’un pourrait affaiblir l’autre. Ce type de rencontre est important pour stimuler le marché. Mais nous continuons à penser que la manifestation majeure et incontournable, pour tous les professionnels et les amateurs, est la Biennale, qu’elle se déroule au Carrousel ou au Grand Palais", estime Yves Mikaeloff, le secrétaire général du syndicat.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°6 du 1 septembre 1994, avec le titre suivant : Un Maastricht bis à Bâle

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