Samedi 15 décembre 2018

Un Achrome anachronique

Par Le Journal des Arts · Le Journal des Arts

Le 17 mars 2000 - 258 mots

Les héritiers de Piero Manzoni, sa sœur Elena et son frère Giuseppe, ont gagné le procès qui les opposait à la maison d’édition Einaudi, à Turin, au sujet de l’authenticité d’un Achrome de Piero Manzoni issu de la collection Giulio Einaudi.

Celui-ci a montré cette œuvre – qui devait être mise en vente par Finarte – à Elena Manzoni ; elle a été formelle : « Quand j’ai vu la pièce, j’ai tout de suite réalisé qu’elle ne pouvait pas avoir été créée par mon frère ». La technique d’exécution au pinceau n’était pas conforme à celle utilisée par Manzoni pour la série des Achromes, des toiles trempées dans une solution de kaolin et de colle. Sur le plan biographique enfin, rien n’atteste d’une rencontre entre Manzoni et Einaudi. « Tout le monde disait que Piero avait donné cette œuvre à Einaudi, déclare Elena Manzoni. Étant donnée l’étroite relation que j’entretenais avec mon frère, je pense que s’il l’avait rencontré, il m’en aurait parlé. C’était une personnalité importante ». L’éditeur milanais, Vanni Scheiwiller, proche de l’artiste, n’a jamais non plus entendu parler de cette rencontre. Cette affaire a conduit les héritiers de Manzoni à confier la mise à jour du catalogue raisonné à Germano Celant, qui avait supervisé la réédition en 1991 de l’ouvrage publié par Prearo en 1975. Dans la perspective de sa publication en 2001, les possesseurs d’œuvres de l’artiste sont priés de prendre contact avec l’Archivio Opera Piero Manzoni, viale Ranzoni 23, 20149 Milan (tél. 39 02 40 07 30 78 ; e-mail : archivio@pieromanzoni.org).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°101 du 17 mars 2000, avec le titre suivant : Un Achrome anachronique

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