TEFAF Bâle joue la continuité

Des exposants allemands, suisses et britanniques en majorité

Le Journal des Arts

Le 1 octobre 1996

La première édition du salon d’art The European Fine Art Fair Basel, petit frère du célèbre TEFAF Maastricht, a connu l’an dernier un succès mitigé : la qualité des objets avait beau être au rendez-vous, de nombreux marchands se sont plaints de la faible fréquentation – 13 000 visiteurs, contre 55 000 à Maastricht et environ 90 000 à la Biennale de Paris –, et de l’absence d’un public vraiment international.

PARIS - L’ambition de TEFAF Basel étant d’attirer des collectionneurs des pays de l’Europe du Sud qui ne se déplacent pas à Maastricht, ses organisateurs ont pris de bonnes résolutions, cette année, pour attirer davantage de visiteurs et mieux le faire connaître en Europe. Seuls dix marchands français participeront au salon, qui sera largement dominé par les exposants allemands et britanniques. Quelque peu resserré – avec 125 exposants venus de 12 pays, contre 134 en 1995 –, TEFAF Basel aura lieu du 26 octobre au 3 novembre, un peu plus tard dans la saison que l’an dernier.

L’accent sur l’archéologie
Comme en 1995, TEFAF Basel s’étendra sur trois étages du Palais des expositions, divisés avec une logi­que toute nordique, comme TEFAF Maastricht, en plusieurs sections. Celle des "Antiquités et objets d’art" se trouvera au sous-sol, tandis que la toute petite section "Clas­siques de l’art moderne" (qua­tre exposants, contre six en 1995) se ni­che­ra au rez-de-chaussée, à côté des 20 marchands, quatre de moins que l’an dernier, des "Pein­tures, dessins et gravures". Les antiquités classi­ques et objets d’art égyptiens, l’art ethnographique et précolombien seront exposés à l’étage supérieur, où se trouveront aussi l’art oriental, les manuscrits enluminés, les livres rares et la joaillerie moderne.

À nouveau, un accent particulier sera mis sur les objets d’archéologie, particulièrement chers aux collectionneurs suisses, qui seront représentés par quinze marchands, dont trois viennent pour la première fois : la galerie française L’étoile d’Ishtar, Münzen und Medaillen, de Bâle, et Rupert Wace Ancient Art, de Londres. Une des pièces les plus importantes, exposée par la galerie Bader Kunsthandel, de Lucerne, est une "idole oculaire" mésopotamienne, du troisième millénaire avant notre ère, inhabituelle par sa grande taille, 15 cm, et sa matière, le basalte.

Tableaux et dessins
Charles Ede, de Londres présentera, entre autres, une tête en calcaire du Haut Empire égyptien, vers 2 300 avant J.-C., qui a conservé une grande partie de sa polychromie d’origine, ainsi qu’une série de masques de momies, dorés et polychromes. La galerie suisse Günther Puhze, de Fribourg, montrera un fragment mural de la XVIIIe dynastie, vers 1567-1320 avant notre ère. À l’Antiken-Kabinett de Francfort, on trouvera l’un des deux exemplaires connus d’un chalkophon phénicien, un instrument de musique en bronze à cordes de métal tressé, du VIIe ou VIIIe siècle avant J.-C., ainsi qu’un kerykeion grec, une crosse héraldique du Ve siècle avant notre ère. L’art ethnographique et précolombien aura sa propre section, forte de quatre marchands, dont deux participent au salon pour la première fois : Lin et Émile Deletaille, de Bruxelles, et la galerie Mermoz, de Paris.

Dans la section d’art oriental, qui comporte treize stands, seront proposés des céramiques chinoises, des sculptures tibétaines et thaïlandaises, des netsuke japonais, des miniatures indiennes et des tapis turcs. Colnaghi, de Londres, et la galerie Fischer, de Zurich, ne font plus partie de la section des tableaux et dessins. En revanche, les Parisiens Philippe Heim, Florence de Voldere et Patrick Weiller y exposent pour la première fois. La galerie Saint-Martin, de Strasbourg, montrera un dessin de Géricault, Tête d’un soldat blessé, ainsi que l’Interrogatoire de Jeanne d’Arc par le Cardinal de Winchester (1823), un dessin de Paul Delaroche.

Pas moins de 54 marchands animeront la section des antiquités et objets d’art, qui couvrira aussi bien l’art et le mobilier haute époque que des meubles et objets français du XVIIIe siècle, des faïences, des porcelaines et des objets Art déco. L’un des objets les plus anciens sera exposé chez Jan Dirven, d’Anvers : une Vierge à l’Enfant, sculpture en bois, exécutée en Espagne entre 1300 et 1320.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°29 du 1 octobre 1996, avec le titre suivant : TEFAF Bâle joue la continuité

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