Jeudi 20 septembre 2018

Tang, Quing, Song

Céramique chinoise chez Barrère

Le Journal des Arts

Le 31 mars 2000 - 429 mots

Jusqu’au 29 avril, la galerie Jacques Barrère présente une trentaine de céramiques chinoises révélant l’extrême variété des grès et des porcelaines produits en Chine entre la dynastie Tang (618-907) et la période Qing (1644-1911), avec de belles pièces des époques Song et Yuan. Ce choix relève d’une politique suivie depuis plusieurs années par le marchand, qui cherche à réveiller le marché français.

PARIS - Les céramiques exposées ont été exécutées pour le seul marché intérieur chinois. Éliminées les porcelaines adaptées au goût occidental, place à la pureté des formes, aux effets subtils et raffinés des couvertes blanches, vertes, noires ou bleues sur des corps de grès aux multiples nuances. Les proportions harmonieuses d’une coupelle réalisée dans les fours de Jun, sous la dynastie des Song du Nord (XIe-XIIe siècle), sont mises en valeur par le bleu profond d’une épaisse couverte (60 000 francs). Une autre coupe de la même époque offre une couverte noire à décor de “taches d’huile” très recherché, obtenu par un procédé d’oxydation difficile à maîtriser (8 000 francs). Conçues dans un but utilitaire, toutes présentent une forme parfaitement adaptée à leur fonction, quoique quelques-unes soient plus fantaisistes. Ainsi, une charmante petite boîte en forme de canard à couverte céladon (XVIe-XVIIe siècle) illustre la liberté de création de certains centres de production à l’époque Ming (35 000 francs).

Les céramiques séduisaient les personnes raffinées, sensibles à la beauté des pièces mais aussi et surtout à leur technique de fabrication. Les artisans recherchaient constamment la maîtrise des matériaux et des procédés. “Au cours des siècles, les ateliers sont parvenus à une parfaite maîtrise des procédés artisanaux, jusqu’à atteindre une qualité quasi industrielle”, explique Antoine Barrère. Mais, paradoxalement, les fabrications tardives des ateliers impériaux témoignent d’une certaine nostalgie. Les potiers du XIXe siècle cherchaient souvent à imiter la pureté et la simplicité des céramiques d’époque Song, comme pour ce vase-bouteille en porcelaine blanche et à émail vert “poudre de thé”, portant la marque de l’empereur Guanxu (70 000 francs).

“Mais un éclat suffirait à diviser le prix par deux ou trois ; une cassure et on divise par dix”. Quelques céramiques sont dignes des musées, notamment deux verseuses en grès à couverte Quinbaï de la dynastie des Song du Sud (XIIe-XIIIe siècle), exceptionnelles par la qualité de la pâte presque porcelaineuse, par la finesse translucide de l’émail bleuté et surtout par leur constitution en paire.

- DIX SIÈCLES DE CÉRAMIQUES CHINOISES, exposition-vente, jusqu’au 29 avril, galerie Jacques Barrère, 36 rue Mazarine, 75006 Paris, tél. 01 43 26 57 61, tlj sauf dimanche et lundi 14h-19h30 et sur rendez-vous.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°102 du 31 mars 2000, avec le titre suivant : Tang, Quing, Song

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