Artcurial

Succès pour les Dufy de Gérard Oury

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 28 avril 2009

Le résultat de la vente, les 20 et 21 avril chez Artcurial, de la collection Gérard Oury a dépassé son estimation haute pour atteindre 6,5 millions d’euros. Des collectionneurs français et étrangers ont longtemps bataillé pour emporter les lots d’un ensemble dont le noyau était constitué par un beau corpus de Dufy.

PARIS - Les 20 et 21 avril, la vente-événement du printemps chez Artcurial, la dispersion de la collection Gérard Oury, ancrée essentiellement autour de l’œuvre de Raoul Dufy, a tenu toutes ses promesses avec un produit de 6,5 millions d’euros dépassant son estimation haute. 84 % des lots ont trouvé preneurs. « L’effet collection a joué sur 20 à 30 % des prix à l’arrivée, parce que la qualité était là », soutient Violaine de La Brosse-Ferrand, expert de la vente. Durant la semaine qui a précédé la dispersion, plus de 6 000 visiteurs sont venus découvrir l’exposition à la scénographie très soignée, un peu comme s’ils visitaient un musée. Sur les deux jours de vente, plus de deux cents enchérisseurs se sont inscrits pour miser en direct, tandis qu’une vingtaine de téléphones assuraient par ailleurs la participation de plus de trois cents acheteurs internationaux. « La mobilisation d’acheteurs de plus de quinze pays (Royaume-Uni, États-Unis, Liban, Roumanie, Russie, Japon, mais aussi France, Belgique, Suisse, Espagne et Italie) démontre l’engouement intact pour les grands noms de l’art moderne français », a déclaré à l’issue de la vacation Francis Briest, coprésident de la maison de ventes.

Enthousiasme
Une sélection de 38 œuvres importantes, presque toutes de Dufy, était réservée à une première session du soir le 20 avril. 37 des 38 lots sont partis pour 5,5 millions d’euros, contre une estimation de 3,8 millions d’euros. Seule l’étude pour La Grande Baigneuse (vers 1914), grande gouache de Dufy estimée 350 000 euros, n’a pas trouvé preneur. « Je continue à penser que c’est une œuvre majeure dans l’œuvre de Dufy, digne de rentrer dans une grande collection privée ou un musée », commente Violaine de La Brosse-Ferrand. La meilleure enchère est revenue à Bateaux et barques aux Martigues (1907-1908), tableau de la période cézannienne de Dufy, vendu dans son estimation pour 644 800 euros à un collectionneur français. Très appréciées des amateurs, les scènes hippiques n’ont pas déçu, telle une Scène de Pesage, huile sur toile de 1949, acquise par un marchand anglo-saxon contre un sous-enchérisseur libanais, pour 570 600 euros, toujours dans son estimation. Autre pièce emblématique de la collection, une importante gouache et mine de plomb sur papier, Visite de l’escadre anglaise au Havre (1927-1929) a été emportée par un amateur français pour 471 400 euros, au-dessus de son estimation haute de 350 000 euros. À ce prix, elle égalise le record obtenu pour une gouache de l’artiste cédée à Londres le 6 février 2007 chez Sotheby’s. Les enchères se sont tout de suite envolées pour Vente à l’Hôtel Drouot (1934), un dessin gouaché au sujet très plaisant, estimé 30 000 euros et adjugé 124 460 euros, ainsi que pour Nature morte au jardin de Saint-émilion, composition très équilibrée de 1940, à l’aquarelle et à la gouache, sur laquelle dix enchérisseurs ont jeté leur dévolu à hauteur d’une enchère finale de 198 800 euros, contre une estimation de 30 000 euros. Notons encore l’engouement pour Bouquet aux iris et aux coquelicots, aquarelle de 1948 estimée 25 000 euros, qui est montée à 87 300 euros.
Le deuxième jour de vente, le succès des œuvres sur papier s’est confirmé avec des enchères soutenues sur les œuvres de Dufy telles que Portrait de Madame Dufy (1918), vendu 45 100 euros, plus de deux fois son estimation haute, et Étude pour la famille Kessler (1932), adjugée 34 000 euros, au double attendu. Un ensemble de sept dessins au crayon est monté à 22 800 euros, sextuplant son estimation. Les dessins de Marcel Gromaire, ainsi que les œuvres de Jacques Villon, ont bénéficié du même enthousiasme. Citons un Portrait d’homme (1932) aux couleurs fauves de Villon, parti à 30 300 euros, au double de son estimation basse. Enfin, les sculptures en bronze de Robert Couturier ont été très disputées à l’instar de Femme s’essuyant les jambes (1952), emportée pour 71 200 euros, soit deux fois son estimation haute.

Artcurial

Estimation : 4,3 à 6,1 millions d’euros
Résultats : 6,5 millions d’euros
Nombre de lots vendus/invendus : 258/50
Lots vendus : 84 %

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°302 du 2 mai 2009, avec le titre suivant : Succès pour les Dufy de Gérard Oury

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