Sotheby’s sur le Net

Début des enchères en ligne sur Sothebys.com

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 21 janvier 2000

Sothebys.com, le site de ventes aux enchères en continu de Sotheby’s, vient de démarrer. Des milliers d’objets d’art sont proposés, majoritairement par des marchands, pour plus de la moitié à des prix inférieurs à 1000 dollars, afin de séduire un large public d’internautes. Mais pour l’instant, seuls quatre pays ont la possibilité d’enchérir en ligne. Les internautes français ne peuvent que regarder...

PARIS - Il y a deux mois, Sotheby’s s’associait à Amazon et lançait un site de ventes aux enchères d’objets de collection et de memorabilia à faible prix, sothebys.amazon.com. Annoncée depuis de nombreux mois, l’ouverture de son propre site de ventes en ligne, sothebys.com – qui a coûté 40 millions de dollars d’investissements –, est effective depuis le 11 janvier. Pour l’inauguration du site, 5 000 œuvres d’art de toutes catégories, dans une fourchette de prix allant de 100 à 100 000 dollars, voire plus, ont été mises en vente pour une durée de deux à quatre semaines. En fait, plus de la moitié des objets étaient estimés à moins de 2 000 dollars. Le lot le plus cher en ligne, le premier jour, était un grand piano de 1910, de style Louis XV, estimé 350-450 000 dollars. Les objets comportent tous une description claire et détaillée et des observations sur leur état de conservation ; d’un clic, la photo format timbre-poste devient lisible. L’internaute peut éventuellement voir de ses propres yeux certains lots, puisque des expositions ont été organisées. Du 11 au 18 janvier, une sélection de pièces a été montrée à New York, Chicago, Los Angeles, Londres et Cologne. “Nous sommes persuadés que nos enchères, traditionnelles et en ligne, seront complémentaires”, a déclaré Diana Brooks, PDG de Sotheby’s. L’auctioneer a mis lui-même des pièces en vente, mais la quasi-totalité des lots est proposée et garantie des marchands internationaux, qui ont signé avec lui un contrat d’exclusivité de vente sur l’Internet pour deux ou trois ans. Seuls 400 d’entre eux – sur 4 500 – ont inauguré le site avec leur hôte. Claude Lemand a placé 40 œuvres. “Sotheby’s nous a demandés de choisir une pièce à laquelle nous tenions particulièrement, sans indication de prix. Pour que l’inauguration de ce site soit réussie, j’ai joué le jeu”, rapporte le galeriste. Une toile de Hans Hartung de 1975, estimée 50-54 000 dollars, un des lots les plus chers dans sa catégorie, et un tondo d’Antonio Segui de 1998, estimé 18-20 000 dollars, sont ses deux coups de cœur, tandis que les 38 autres œuvres ont été choisies “pour promouvoir les artistes de la galerie. L’Internet vient en complément de mon activité de galeriste, des foires et salons auxquels je participe, et touche un public beaucoup plus large que les enchères classiques”. De même, Arnaud Delas, de la galerie Hypnos, “adhère à fond au projet de Sotheby’s. L’Internet fait partie de l’évolution de la commercialisation des antiquités”. Il offre cinq photographies anciennes pour moins de 2 000 dollars. “Jusqu’à ce prix, tout peut se vendre sur le Net”, lance-t-il. Il propose également, pour 6 500 à 10 000 dollars, un daguerréotype attribué à Claudet qui a été exposé à Londres, “une des premières photos d’ethnographie, une pièce phare un peu originale pour le lancement du site”.

4 à 6 millions de dollars
Si le site est consultable dans le monde entier, seuls les internautes des  États-Unis, du Canada et, pour l’Europe, de Grande-Bretagne et d’Allemagne, peuvent enchérir pour l’instant, comme cela est déjà le cas sur sothebys.amazon.com. “Techniquement, nous n’étions pas prêts pour couvrir davantage de pays. Or, nous ne pouvions plus attendre pour lancer le site”, indique le département Internet de la maison de vente, qui espère un élargissement au reste de l’Europe dans les mois à venir. Sotheby’s parie aussi sur le développement vers le haut de gamme des ventes Internet, comme en témoigne l’annonce de la vente d’un des premiers exemplaires de la Déclaration d’indépendance américaine, daté de 1776, dont les enchères débuteront au printemps. Un autre exemplaire avait été vendu à New York chez l’auctioneer, en 1991, pour plus de 2,4 millions de dollars. La pièce proposée sur le site est estimée 4 à 6 millions de dollars, un prix record actuellement pour un objet d’art sur l’Internet. Mais le concurrent américain e-Bay, qui a lancé sur son site en automne une rubrique “Grandes collections”, après le rachat de Butterfield & Butterfield, pourrait répondre par une enchère encore plus forte.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°97 du 21 janvier 2000, avec le titre suivant : Sotheby’s sur le Net

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