Vendredi 19 octobre 2018

Sotheby’s Italie se restructure

Giuseppe Ceccatelli, administrateur délégué de Sotheby’s Italie, s’explique

Le Journal des Arts

Le 4 juillet 1997 - 696 mots

Sotheby’s Italie renforce ses structures avec un nouveau président, Manfredi della Gheradesca, et une nouvelle directrice pour le bureau de Rome, Luisa Lepri. Giuseppe Ceccatelli, administrateur délégué de la maison de vente, donne son point de vue sur l’exportation illicite du tableau de Giuseppe Nogari dénoncée par la presse britannique, ainsi sur que les perspectives de Sotheby’s en Italie.

Giuseppe Ceccatelli, quels changements sont intervenus chez Sotheby’s Italie ?
Depuis quatre ans, Sotheby’s connaît en Italie de grands succès sur le plan économique. Ainsi, après avoir rencontré des difficultés au début des années quatre-vingt-dix, la société enregistre depuis trois ans des bénéfices importants, qui ont dépassé un milliard et demi de lires en 1995 et 1996. Ces chiffres témoignent d’une croissance qui devrait se poursuivre. Ce n’est pas par hasard qu’il a été décidé de renforcer l’équipe italienne. Il y aura peut-être quelques problèmes à court terme, mais cela conduira à une meilleure organisation et à une restructuration bénéfique dans un avenir proche .

Qui va jouer un rôle dans ce renforcement ?
En premier lieu, le nouveau président de Sotheby’s Italie, Manfredi della Gheradesca. Il va certainement y apporter une contribution importante grâce à une expérience acquise à la Citibank, où il a su établir un très bon réseau de relations et de développement de la clientèle, notamment dans le domaine des collections d’art.

Le siège de Christie’s est à Rome, et son bureau de Milan est très actif. À l’inverse, le bureau romain de Sotheby’s n’a guère fait parler de lui.
Il faut reconnaître que le siège romain de Sotheby’s a connu de nombreux changements de direction, ce qui a entravé la continuité et l’efficacité de son action. La nomination récente de la marquise Luisa Lepri à la direction du bureau de Rome va garantir la stabilité nécessaire à un tel développement. Avec elle, Sotheby’s renforcera certainement sa présence dans le centre et le sud de l’Italie.

Y aura-t-il encore des ventes aux enchères à Rome ?
Ce n’est pas au programme pour le moment. Depuis quelques années, le marché s’est nettement déplacé vers le nord, d’où la décision de Sotheby’s d’organiser des ventes à Milan. Ce choix n’a pas été facile, mais il s’est révélé juste.

Quelles ont été les conséquences, sur le plan international comme en Italie, de l’affaire de l’exportation clandestine du Nogari ?
J’ai l’impression qu’elles sont restées relativement limitées dans le temps. Les effets en ont été moins dévastateurs pour Sotheby’s, et même pour le marché en général, qu’on aurait pu le craindre. Je considère pour ma part que l’épisode visait à mettre en cause tout le marché de l’art, et pas seulement notre société. D’ailleurs, les réactions de nos concurrents me confortent dans cette position. C’est une marque de bon sens d’autant plus appréciable que l’incident a permis de mesurer la nécessité de lois répressives qui puniraient sévèrement les transgressions, tout en faisant en sorte qu’il y ait moins de marge d’erreur.

Quels changements ont été apportés au département de Peinture classique et qu’envisagez-vous de faire encore dans ce domaine ?
Nous avons dû restructurer ce département, et les peintures du XIXe siècle ont déjà été placées sous la direction de Dominique Rainer. En ce qui concerne les œuvres des maîtres anciens, nous travaillons avec des collaborateurs qui se trouvaient déjà chez nous, mais qui s’appuient sur l’opinion d’experts de Londres et de New York. Nous devrions nommer sous peu un nouveau responsable pour ce secteur. Nous avons en outre veillé à mieux assurer la coordination entre tous les départements de peinture, y compris avec celui d’art moderne et contemporain. Cette restructuration devrait aussi avoir des conséquences positives pour la clientèle.

Comment envisagez-vous les relations entre les sociétés de vente et les antiquaires ?
J’estime depuis longtemps, sans même tenir compte des polémiques récentes, qu’il existe là un problème de fond où sont impliquées toutes les parties. En ce qui me concerne, je souhaite la constitution d’un comité permanent auquel collaboreraient tous les opérateurs du marché : antiquaires, maisons de vente, critiques d’art, ainsi que les éditeurs qui s’intéressent au marché de l’art. Je suis convaincu que c’est la seule carte à jouer si nous voulons nous faire entendre sur le plan européen.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°41 du 4 juillet 1997, avec le titre suivant : Sotheby’s Italie se restructure

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