Sixième saison des Temps forts de Drouot

Par Éric Tariant · Le Journal des Arts

Le 28 avril 2000

Une toile de plafond de Nicolas Mignard, une Vue de l’entrée du Grand Canal à Venise par Gaspard van Vitelli, une Vierge à l’Enfant en majesté de Lorenzo di Bicci, des œuvres de Bonnard, Marquet, Le Sidaner, une table-console à six pieds attribuée à Georges Jacob, un vase de Gallé et un canapé de Legrain figurent parmi les belles pièces qui seront exposées du 4 au 9 mai à Drouot Montaigne, pour la sixième saison des Temps forts.

PARIS - C’est une des surprises de ces Temps forts. Une toile de plafond appartenant à une série de dix exécutée par Nicolas Mignard pour la décoration de l’hôtel de Tonduti, à Avignon, sera mise en vente le 6 juin, à Drouot Richelieu, par l’étude Delorme, Fraysse (1-2 millions de francs). Tout aussi remarquable, une Vue de l’entrée du Grand Canal à Venise par Gaspard van Vitelli, baignée de couleurs vives et en bon état, sera proposée à 1,2-1,5 million de francs (9 juin, Drouot Richelieu), une estimation très raisonnable si l’on tient compte du fait qu’une de ses huiles s’est récemment envolée à 3 millions de francs. L’école italienne sera également représentée par une Crucifixion du maître de Lavagnola, actif en Ligurie en 1345, tempera et fond d’or sur bois (1,5 million de francs), et une Vierge à l’Enfant en majesté (1,5 million de francs) de Lorenzo di Bicci, actif à Florence en 1370 (9 juin, étude Piasa).

Un ensemble de tableaux modernes sera accroché aux cimaises de Drouot Montaigne, dont une huile de Bonnard de 1916, Jeune fille au corsage bleu (3,8-5,8 millions de francs), acquise le 30 mai 1918 à la Fraternité des artistes, galerie Georges Petit, par Bernheim Jeune. Cette œuvre figure au catalogue raisonné de l’œuvre peint de Bonnard. Plus tardive, Fenêtre ouverte sur la jetée, Boulogne sur mer d’Albert Marquet (1930), qui provient de la collection José Luis Muratore (1,3-1,6 million de francs), a été exposée au Musée des beaux-arts de Buenos Aires en 1933. Elle sera présentée non loin d’une charmante huile d’Henri le Sidaner, le Café du port (1,8-2,5 millions de francs). Ces trois tableaux, auxquels seront joints des œuvres de Renoir, Vuillard, Valtat et Lebasque, seront dispersés les 7 et 8 juin par l’étude Briest. Une importante sélection de meubles et d’objets d’art sera proposée aux visiteurs, dont une paire de vases ovoïdes stylisés en pierre dure “verde antico”, à monture de bronze finement sculpté, doré et argenté, à motifs de serpents entrelacés (1 million de francs), attribuées à Pierre Gouthière, virtuose des travaux de ciselure et de dorure qui a travaillé pour les bâtiments du Roi et le garde-meuble de la Couronne à Sèvres (Binoche, 29 mai). “Ces vases se rapprochent de ceux du Musée Nissim de Camondo ayant appartenu à Marie Antoinette, dont ils semblent être une variante épurée”, souligne Guillaume Dillée. Le commissaire-priseur de la rue de la Boétie mettra également en vente une table-console à six pieds attribuée à Georges Jacob sur un modèle de François-Joseph Bellanger (2 millions de francs), provenant de la même collection Jacques Franck, qui présente une étroite analogie avec les meubles livrés par Jacob pour le comte d’Artois à Versailles. “Frère cadet de Louis XVI, à l’avant-garde de la mode tout au long du règne du roi, il a commandé des ameublements répondant à une esthétique originale faisant appel à des thèmes militaires et au style anglais, associés à des éléments néoclassiques et à de pures fantaisies se réclamant de l’Orient. Pour ses  menuiseries, il fit souvent appel à Georges Jacob. Ce fut sans doute le cas de la suite de deux fauteuils et quatre chaises livrée en 1776-1777 pour le temple et de la table-console livrée pour le cabinet turc du Prince à Versailles en 1781”, explique l’expert. Les 22 et 23 juin, l’étude Mathias et Me Millon dispersera un mobilier de salon à dossier plat en bois relaqué, sculpté de feuillages d’acanthe, estampillé Chevigny, également d’époque Louis XVI (400-500 000 francs). Le même jour sera proposée une paire de fauteuils coin du feu, à châssis en bois redoré, sculpté de cartouches et de fleurs, époque Régence (300-400 000 francs).

Un canapé de Legrain
Les arts décoratifs du XXe siècle seront à l’honneur avec une coupe conique sur piédouche de Gallé, épreuve réalisée en verre multicouche vert sur fond bleu dur à inclusion de feuilles d’argent, d’algues et de coquillages (De Ricqlès, 24 mai, 300-350 000 francs). Parmi les belles pièces Art déco qui seront mises en vente le 26 juin par l’étude Gros, Delettrez, on remarquera un canapé d’inspiration cubisante de Pierre Legrain, en laque chamois, nuancé de rouge écaille de tortue (600-800 000 francs), un lampadaire en bronze patiné à fût formé de volutes géométriques créé par Diego et Alberto Giacometti et Jean-Michel Frank,(300-400 000 francs), ainsi qu’une table en bronze patiné brun vert d’Alberto Giacometti (300-400 000 francs).

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°104 du 28 avril 2000, avec le titre suivant : Sixième saison des Temps forts de Drouot

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