Dimanche 25 février 2018

Art contemporain et d’après-guerre

Sélections serrées

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 28 avril 2009

Christie’s dope sa vente du soir de New York avec la collection Betty Freeman.

NEW YORK - C’est encore dans un climat d’attentisme que se dérouleront les ventes d’art contemporain, en mai, à New York. La sélection des œuvres est reserrée avec 103 lots dans les ventes du soir de Christie’s et Sotheby’s, contre 139 lots pour la session de novembre 2008. Les deux grands absents en sont Francis Bacon et Lucian Freud. La sélection du soir de Christie’s est dopée par vingt œuvres (est. 24 à 37 millions de dollars) de la collection Betty Freeman, photographe et grande mécène américaine en musique classique contemporaine, surnommée « la Médicis des Temps modernes » et décédée en janvier. La pièce centrale de cette collection, Beverly Hills Housewife (1966-1967), tableau de David Hockney estimé généreusement 6 à 10 millions de dollars, représente Betty Freeman dans sa villa du comté de Los Angeles. La maison de ventes anticipe un prix record pour l’artiste, qui serait réalisé dès l’estimation basse. La collection Freeman comprend également une rare peinture de Sam Francis intitulée Grey (1954), acquise par la collectionneuse directement auprès de l’artiste en 1967 et estimée 2 à 3 millions de dollars. Frolic (1977), toile de Roy Lichtenstein estimée 4 à 6 millions de dollars, est inspirée d’une autre peinture de l’artiste, Girl with Ball (1962), et de Baigneuse au ballon de plage (1932), tableau de Pablo Picasso conservé au MoMA de New York. « En dehors de cette collection, nous avons enrichi la vente d’œuvres n’étant pas passées sur le marché depuis au moins dix ans », souligne April Jacobs, spécialiste en charge de la vente du soir. C’est le cas du très beau tableau Mater (1982) de Jean-Michel Basquiat, estimé 5 millions de dollars minimum ; de Ocean Park No. 117 (1979), tableau lumineux de Richard Diebenkorn estimé 4 millions de dollars. Ou encore de Painting for Kubler (1966-1968), toile de John Baldessari estimée 1,5 million de dollars qui figurera dans la rétrospective consacrée à l’artiste s’ouvrant à la Tate Modern de Londres en octobre 2009 et s’achevant Metropolitan Museum of Art de New York en 2011.

Des lots attractifs
Moins fournie que celle de sa rivale, la vente de Sotheby’s reflète pourtant mieux la tendance actuelle, avec moins d’œuvres ostentatoires et plus de valeurs attractives. Pour la couverture de son catalogue, la maison de ventes a pour la première fois préféré une toile de Martin Kippenberger (est. 3,5 millions de dollars), au kitschissime Baroque Egg with Bow (turquoise/Magenta) de Jeff Koons, le lot le plus cher de la vente, estimé 6 à 8 millions de dollars. Chez Sotheby’s, on trouvera un certain nombre de lots dans une fourchette d’estimations de 100 000 à 500 000 dollars, lesquels avaient un peu disparu des ventes du soir ces deux dernières années. Citons par exemple Two Seated Figures (Mouth), sculpture de Juan Muñoz, estimée 400 000 dollars, et Flowers (35 x 35 cm), toile d’Andy Warhol estimée 400 000 euros, soit moins de la moitié de son prix aux enchères avant la crise.

SOTHEBY’S, ART D’APRÈS-GUERRE ET CONTEMPORAIN, vente du soir le 12 mai à New York, Sotheby’s, tél. 01 53 05 53 05, www.sothebys.com

CHRISTIE’S, ART D’APRÈS-GUERRE ET CONTEMPORAIN, vente du soir le 13 mai à New York, Christie’s, tél. 01 40 76 85 85, www.christies.com

SOTHEBY’S, vente du 12 mai
Expert : Tobias Meyer
Estimation : 52 à 72 millions de dollars
Nombre de lots : 49

CHRISTIE’S, vente du 13 mai
Expert : April Jacobs
Estimation : 71 à 104 millions de dollars
Nombre de lots : 54

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°302 du 2 mai 2009, avec le titre suivant : Sélections serrées

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